Publié le 5 décembre 2025 à 22h45 heure locale. L’accès aux traitements de fertilité, notamment la fécondation in vitro (FIV), représente un défi financier majeur pour les couples indiens. Une nouvelle étude révèle des coûts élevés et un manque de transparence, soulignant la nécessité d’une meilleure intégration de ces soins dans le système d’assurance maladie.
- Le coût moyen d’un cycle de FIV dépasse 100 000 roupies (₹) dans les établissements publics et privés en Inde.
- L’étude met en évidence des disparités importantes dans les dépenses, les établissements privés entraînant des coûts plus élevés pour les médicaments et les examens, tandis que les établissements publics génèrent des coûts indirects plus importants.
- Les experts plaident pour l’inclusion des traitements de fertilité, y compris la FIV, dans le cadre du programme gouvernemental d’assurance maladie Pradhan Mantri Jan Arogya Yojana (PM-JAY).
En Inde, un couple sur six est confronté à des problèmes d’infertilité. Si un cadre réglementaire existe pour les technologies de procréation assistée (TPA) comme la FIV, les prix de ces traitements restent libres, imposant une lourde charge financière aux couples qui souhaitent avoir un enfant. Une étude récente, menée par le Conseil indien de la recherche médicale – Institut national de recherche sur la santé reproductive et infantile (ICMR-NIRRCH), a examiné en détail les coûts associés au diagnostic et au traitement de l’infertilité, ainsi que l’impact sur la qualité de vie des patients.
L’étude, basée sur l’analyse de données provenant de cinq établissements de santé (trois publics et deux privés), a révélé que les dépenses personnelles moyennes pour un cycle de FIV dépassaient 1 lakh ₹ (100 000 roupies) dans les deux types d’établissements. Ces dépenses personnelles correspondent aux paiements effectués par les patients à partir de leurs propres ressources, et non par le biais d’une assurance.
Les causes d’infertilité varient, mais l’étude a identifié que les facteurs féminins contribuent à 46 % des cas, les facteurs masculins à 20 %, et 10 % des couples présentent des facteurs combinés. Parmi les couples ayant recours à la FIV, l’oligospermie (faible concentration de spermatozoïdes) et l’infertilité tubaire étaient les causes les plus fréquentes. Le syndrome des ovaires polykystiques (SOPK), un trouble hormonal courant chez les femmes en âge de procréer, s’est avéré être le facteur d’infertilité le plus fréquemment diagnostiqué parmi les patients inclus dans l’étude.
Les chercheurs ont également souligné qu’il n’existe pas de nombre garanti de cycles de FIV pour assurer le succès, les résultats variant considérablement d’une personne à l’autre. Cependant, ils ont noté que la plupart des femmes ont de bonnes chances de succès après trois cycles de stimulation, avec une augmentation des taux de réussite cumulés à chaque tentative.
L’étude a également mis en lumière l’impact de l’infertilité sur la qualité de vie des patientes. Celles souffrant d’infertilité utérine ou d’endométriose ont signalé les niveaux de qualité de vie liés à la santé les plus bas, la douleur, l’inconfort et l’anxiété étant les principaux facteurs contribuant à cette situation.
Face à cette situation, des experts, comme Shobhit Agarwal, PDG de Nova IVF Fertility, insistent sur la nécessité d’intégrer les soins de santé liés à la fertilité dans le cadre plus large de l’assurance maladie.
« En Inde, un couple sur six souffre de problèmes d’infertilité. Avec la baisse du taux de fécondité en Inde, il devient encore plus critique d’intégrer les soins de santé liés à la fertilité dans le cadre plus large de l’assurance maladie. »
Shobhit Agarwal, PDG de Nova IVF Fertility
Il souligne que l’inclusion des traitements de fertilité dans le programme PM-JAY permettrait à davantage de familles d’accéder aux soins nécessaires, réduisant ainsi le fardeau émotionnel et financier de l’infertilité.
Actuellement, peu d’établissements publics proposent des services de TPA, ce qui entraîne une forte demande vers le secteur privé. Bien que les cliniques privées soient soumises à une réglementation, leurs prix restent libres. Le ministère de la Santé a demandé à l’évaluation des technologies de la santé en Inde (HTAIn) d’évaluer le coût du traitement de la FIV afin d’envisager son inclusion dans le programme PM-JAY. L’étude de l’ICMR-NIRRCH recommande une couverture de 81 332 ₹ (environ 975 euros) pour un cycle de FIV, en tenant compte du fait que les dépenses actuelles liées aux consultations externes (OPD) ne sont pas couvertes par le PM-JAY.
