Publié le 18 janvier 2026 à 06h00. Un citoyen irlandais, de double nationalité russo-irlandaise, est détenu en Russie depuis août dernier, accusé d’avoir diffusé des messages considérés comme « anti-russes » sur son téléphone. Sa femme, installée en Irlande, lance un appel à l’intervention des autorités.
- Dmitry Simbaev, 49 ans, est accusé d’infractions liées à la justification du terrorisme, à l’appel à l’extrémisme et à l’usage de la violence.
- Sa femme, Daria Petrenko, craint pour sa sécurité et dénonce des accusations qu’elle juge infondées.
- Le ministère irlandais des Affaires étrangères assure fournir une assistance consulaire, mais son action est entravée par la double nationalité de M. Simbaev.
Daria Petrenko, une Ukrainienne de 37 ans vivant dans le comté de Galway, a fait appel aux autorités irlandaises pour obtenir l’aide de son mari, Dmitry Simbaev. Ce dernier, qui possède à la fois la nationalité russe et irlandaise, a été arrêté à l’aéroport de Tcheliabinsk, dans l’ouest de la Russie, en août 2025, alors qu’il se rendait dans le pays avec son passeport russe.
Selon Mme Petrenko, son mari est accusé de plusieurs infractions prévues par les articles 205, 280 et 330 du Code pénal russe, qui concernent respectivement la « justification publique du terrorisme », les « appels publics à des activités extrémistes » et les « actions arbitraires commises avec recours à la violence ou à la menace de son recours ». S’il est reconnu coupable, il risque plusieurs années de prison, voire une condamnation à des travaux forcés.
Mme Petrenko estime que les accusations portées contre son mari sont dénuées de fondement. Elle pense que la police russe s’est focalisée sur des messages qu’elle lui avait envoyés en 2024, dans lesquels elle exprimait son indignation face à l’invasion de l’Ukraine par la Russie. Elle a également évoqué la perte de sa mère, décédée d’une crise cardiaque qu’elle attribue au stress causé par le conflit.
« Ils ont commencé à bombarder ma ville, Kharkiv… J’ai perdu ma mère, ma mère est morte. J’ai exprimé mon opinion [dans les messages] en raison d’une situation difficile dans ma vie. »
Daria Petrenko, épouse de Dmitry Simbaev
Mme Petrenko a signé une déclaration sous serment, dont le Irish Times a eu connaissance, dans laquelle elle confirme avoir rédigé les messages en question. Elle y explique avoir été profondément affectée par la perte de sa mère et d’autres proches, et que ses communications reflétaient sa détresse émotionnelle. Elle reconnaît toutefois que la forme et le ton de ses messages étaient inappropriés et regrette toute offense qu’ils auraient pu causer.
Depuis l’invasion de l’Ukraine en 2022, les poursuites en Russie pour des commentaires en ligne jugés anti-russes ou anti-gouvernementaux se sont multipliées, selon Amnesty International. De nombreux cas ont abouti à de lourdes peines de prison.
Mme Petrenko affirme que son mari n’a pas été autorisé à contacter sa famille et qu’elle n’a eu de ses nouvelles que par l’intermédiaire de son avocat, qui le voit environ une fois par semaine. Elle reçoit des informations sporadiques de ses parents, qui ont engagé un juriste en Russie.
John Connolly, député du Fianna Fáil représentant Galway West, a interpellé la ministre des Affaires étrangères, Helen McEntee, sur cette affaire. En réponse à une question parlementaire posée en décembre, Mme McEntee a confirmé que les autorités étaient « au courant de cette affaire et fournissaient une assistance consulaire » à M. Simbaev, qui possède la double nationalité irlandaise et russe. Elle a précisé qu’un agent consulaire dédié avait été affecté à la famille et restait en contact avec elle.
M. Connolly a déclaré qu’il « continuerait à soulever la question » auprès des autorités compétentes, afin de plaider pour la libération de M. Simbaev et de garantir qu’il bénéficie d’un traitement humain en détention.
La double nationalité de M. Simbaev complique l’intervention des autorités irlandaises, qui craignent que la Russie ne considère sa nationalité russe comme prévalente et refuse de coopérer.
