Publié le 9 janvier 2024 17:29:00. Le directeur général suspendu de l’aéroport de Dublin (DAA), Kenny Jacobs, réfute avec vigueur les accusations de comportement inapproprié portées contre lui, dénonçant un acharnement et contestant la légitimité de sa suspension devant la Haute Cour.
- Kenny Jacobs nie catégoriquement les allégations de sexisme, de racisme, d’homophobie et d’âgisme.
- Il conteste également les accusations l’impliquant dans des idées suicidaires de salariés et dans des irrégularités concernant les marchés publics.
- M. Jacobs affirme avoir subi un préjudice physique et mental et cherche à obtenir l’annulation de sa suspension.
Kenny Jacobs, actuellement suspendu de ses fonctions de directeur général de la DAA, l’entreprise qui gère les aéroports de Dublin et de Cork, a déposé un affidavit auprès de la Haute Cour dans lequel il réfute point par point les accusations formulées à son encontre. Il qualifie de « sans fondement » les allégations de comportement sexiste, misogyne, raciste, homophobe et âgiste, affirmant qu’elles sont basées sur des interprétations erronées ou des mensonges.
Dans son témoignage écrit, M. Jacobs dément également avoir été responsable de difficultés psychologiques chez certains employés, notamment des idées suicidaires. Il rejette également toute implication dans des irrégularités concernant les procédures de passation des marchés publics de la DAA.
L’affaire a pris une tournure dramatique le mois dernier, lorsque le président de la DAA, M. Geoghegan, a demandé à M. Jacobs de quitter ses fonctions. Ce dernier affirme avoir été pris de malaises physiques peu après cette notification, attribuant son état au stress intense causé par sa suspension et les événements qui l’ont précédée.
« J’ai subi un préjudice physique et mental en raison du comportement de certains membres du conseil d’administration et de ma suspension. »
Kenny Jacobs, directeur général suspendu de la DAA
M. Jacobs cherche à obtenir une injonction auprès du tribunal pour annuler sa suspension et reprendre immédiatement son poste. Il dénonce une procédure injuste, soulignant qu’on lui a demandé de quitter les locaux de la DAA, de ne plus communiquer avec le personnel et de ne pas accéder à ses courriels professionnels, sans lui offrir une réelle opportunité de se défendre.
Il se dit « choqué » et « pris en embuscade » par l’attitude du président de la DAA lors de la réunion où sa suspension lui a été notifiée. Cette dispute intervient après deux signalements confidentiels formulés à l’encontre de M. Jacobs l’année dernière, qui n’avaient pas été confirmés suite à une enquête menée par un avocat.
De nouvelles allégations ont ensuite émergé, conduisant le conseil d’administration à perdre confiance en M. Jacobs et à lancer une nouvelle enquête. M. Jacobs, assisté de son équipe juridique dirigée par Padraic Lyons SC et les avocats Colm Kitson et Arthur Cox Solicitors, craint que cette enquête ne soit biaisée et qu’elle ne conduise à une décision préjudiciable à son encontre. Il demande donc la nomination d’un décideur impartial et indépendant.
Il révèle également que sa santé s’est détériorée en raison du stress, l’obligeant à consulter son médecin traitant, des experts en santé au travail et d’autres spécialistes, et à prendre des médicaments pour l’anxiété et l’insomnie. Il estime que la décision de le suspendre publiquement a gravement nui à sa réputation professionnelle.
Malgré tout, M. Jacobs réaffirme son attachement à son rôle de directeur général de la DAA et se dit prêt à reprendre ses fonctions immédiatement si le tribunal lui en donne l’autorisation.
« Mon retour au travail est une question d’urgence immédiate, tout comme l’intervention du tribunal pour freiner un processus qui a radicalement mal tourné. »
Kenny Jacobs, directeur général suspendu de la DAA
M. Jacobs souligne qu’il avait déjà été innocenté de deux accusations lors d’une enquête précédente menée par l’avocat Mark Connaughton. Il dénonce également des fuites préjudiciables dans les médias, notamment dans le journal Irish Times, citant une série de questions posées par un journaliste du journal, Arthur Beesley, qui l’ont amené à croire à une divulgation inappropriée d’informations confidentielles.
L’affaire a été examinée jeudi par la juge Farrell sur une base ex parte (un seul camp étant représenté) et sera de nouveau portée devant le tribunal lundi, où le point de vue de la DAA sera probablement entendu. La DAA a refusé de commenter les allégations contenues dans l’affidavit de M. Jacobs ce vendredi.
