Publié le 18 janvier 2026 08:20:00. Des nuits agitées, marquées par des réveils fréquents, peuvent altérer significativement les capacités cognitives, en particulier chez les personnes âgées, selon une nouvelle étude. La qualité du sommeil, et non sa durée, apparaît comme le facteur déterminant pour maintenir des fonctions mentales optimales.
- Les phases d’éveil nocturne nuisent à la mémoire de travail, à l’imagination et à la vitesse de traitement de l’information.
- Une étude menée auprès de personnes de plus de 70 ans révèle que même une heure d’éveil supplémentaire pendant la nuit peut impacter les performances cognitives.
- Améliorer la qualité du sommeil pourrait contribuer à retarder l’apparition de troubles neurodégénératifs comme la maladie d’Alzheimer.
Des chercheurs de l’Université de Pennsylvanie et de l’Albert Einstein College of Medicine de New York ont mis en évidence un lien direct entre la fragmentation du sommeil et la diminution des capacités cognitives. Contrairement à ce que l’on pourrait penser, la durée totale du sommeil semble moins importante que la qualité de celui-ci.
« Tout le monde sait par expérience que le manque de sommeil peut affecter nos fonctions cognitives le lendemain », explique Orfeu Buxton, biologiste du comportement et auteur principal de l’étude.
« Dans cette étude, nous voulions déterminer quels aspects de la santé du sommeil ont un impact sur la fonction cognitive diurne afin que les gens sachent comment améliorer leur sommeil. »
Orfeu Buxton, biologiste du comportement
L’étude a porté sur 261 participants de plus de 70 ans, résidant à New York. Pendant 16 jours, ils ont porté un bracelet numérique, similaire à une montre connectée, qui a suivi leurs cycles de sommeil et d’éveil. Parallèlement, ils ont réalisé six fois par jour, sur leur smartphone, de courts tests cognitifs d’environ quatre minutes, évaluant leur mémoire de travail visuelle, leur mémoire spatiale et leur vitesse de traitement de l’information.
Les résultats ont démontré que les participants ayant passé plus de 30 minutes supplémentaires éveillés pendant la nuit affichaient une vitesse de traitement de l’information significativement plus lente. De manière surprenante, la durée totale du sommeil et les siestes diurnes n’ont eu aucun effet mesurable sur les performances cognitives.
L’équipe de recherche a constaté que ceux qui dormaient généralement moins bien, c’est-à-dire qui passaient plus de temps éveillés la nuit, obtenaient des résultats inférieurs dans trois tests cognitifs sur quatre. Outre le traitement de l’information, ils présentaient également des difficultés dans des tâches sollicitant la mémoire de travail visuelle.
Un indicateur potentiel de risque de démence
Carol Derby, co-auteure de l’étude et neurologue, souligne que ces découvertes pourraient avoir des implications importantes pour la prévention de la démence.
« Sur le long terme, les troubles du sommeil peuvent être liés à une diminution des capacités mentales et au développement de maladies neurodégénératives telles que la maladie d’Alzheimer. »
Carol Derby, neurologue
Améliorer la qualité du sommeil pourrait donc constituer une stratégie préventive.
Les chercheurs proposent plusieurs recommandations pour favoriser un sommeil réparateur : se coucher et se lever à des heures régulières, créer un environnement calme et sombre, et éviter l’exposition aux écrans avant de dormir. En cas de troubles persistants, ils conseillent de recourir à une thérapie cognitivo-comportementale plutôt qu’à des médicaments.
Enfin, Orfeu Buxton insiste sur l’importance de ne pas s’inquiéter excessivement des problèmes de sommeil.
« Mon conseil le plus important est de ne pas s’inquiéter des problèmes de sommeil. S’inquiéter ne fait que provoquer du stress, qui peut perturber davantage le sommeil. »
Orfeu Buxton, biologiste du comportement
Source : Larissa Schwedes, dpa/lpi
