L’Iran est à nouveau le théâtre de manifestations massives, alimentées par une crise économique sévère, des tensions régionales accrues et un mécontentement profond envers le pouvoir en place. Des milliers d’Iraniens descendent dans les rues pour réclamer un changement radical de leadership et une amélioration de leurs conditions de vie.
Les protestations actuelles ont été déclenchées par une conjonction de facteurs. La dévaluation du rial iranien (la monnaie nationale) et la flambée de l’inflation rendent la vie quotidienne de plus en plus difficile pour de nombreux citoyens. À cela s’ajoutent les conséquences d’une défaite militaire face à Israël en juin 2025, ainsi que les frappes américaines subséquentes sur les installations nucléaires iraniennes de Natanz, Fordow et Ispahan. Ces événements, qui ont surpris l’opinion publique, ont mis en évidence la vulnérabilité du pays et exacerbé le sentiment de frustration.
Le programme nucléaire iranien, qui a englouti des centaines de millions de dollars et mobilisé des ressources considérables, est également pointé du doigt. Les sanctions internationales imposées à l’Iran en raison de ses activités nucléaires ont contribué à l’effondrement de l’économie nationale, affectant durement la population.
Les manifestations actuelles rappellent celles de 2009, suite à la contestation de la réélection de Mahmoud Ahmadinejad. À l’époque, le mouvement vert, symbolisé par la couleur verte, avait dénoncé des fraudes électorales et réclamé davantage de démocratie. La réponse du gouvernement avait été brutale, avec des arrestations massives et des violences contre les manifestants.
Plus récemment, la mort de Jina Mahsa Amini en septembre 2022, après son arrestation pour un port inapproprié du voile (hijab), avait déclenché une vague de protestations à travers le pays. Selon l’organisation Iran Human Rights, au moins 476 personnes auraient été tuées par les forces de sécurité. Amnesty International a également rapporté des tirs à balles réelles et des violences policières contre les manifestants.
Le mouvement né de la mort d’Amini, « Femmes, Vie, Liberté », continue d’inspirer la résistance. Le gouvernement iranien réprime activement toute forme de dissidence, avec de nombreuses arrestations de personnes critiquant la corruption et les violations des droits de l’homme.
Le président iranien Masoud Pezeshkian a reconnu la légitimité des préoccupations des manifestants et annoncé la nomination d’un nouveau gouverneur de la banque centrale. Cependant, le guide suprême, l’ayatollah Ali Khamenei, a imputé les troubles à l’ingérence étrangère, appelant à une répression des « émeutiers ». Il a déclaré : « Les émeutiers doivent être remis à leur place. »
Des pancartes brandies par les manifestants affichent des slogans tels que « Les mollahs doivent quitter l’Iran », témoignant d’un rejet croissant du régime théocratique actuel. Selon les informations disponibles, 36 personnes ont été tuées lors des manifestations récentes, et des centaines d’arrestations ont été effectuées.
L’ancien directeur associé du renseignement national estime que le peuple iranien a atteint un point de rupture, réclamant un changement, de l’espoir et un leadership soucieux de son bien-être. La question de savoir si un Iran démocratique et laïc est possible reste ouverte.
