Publié le 16 novembre 2023 18:35:00. Une pièce d’or espagnole du XVIIe siècle, symbole de la puissance de l’Espagne à l’époque, sera mise aux enchères à Genève et pourrait bien battre des records de prix, dépassant potentiellement la plus chère pièce d’Europe occidentale.
- Le « centén » de Ségovie de 1609, pesant 339,35 grammes, est estimé à un prix de départ de 2 millions de francs suisses (2,17 millions d’euros).
- Cette pièce unique, frappée sous le règne de Philippe III, avait déjà atteint 800 000 euros en 2009 lors d’une vente aux enchères.
- La vente aura lieu le 24 novembre à l’hôtel Mandarin Oriental de Genève.
Une pièce d’or espagnole exceptionnelle, témoin d’une époque révolue, s’apprête à faire sensation sur le marché des collectionneurs. Le « centén » de Ségovie, datant de 1609, sera proposé aux enchères le 24 novembre à Genève par la société Numismatica Genevensis, avec un prix de départ fixé à 2 millions de francs suisses (2,17 millions d’euros). Cette pièce, qui avait déjà atteint 800 000 euros en 2009, pourrait bien dépasser son propre record et devenir la plus chère pièce d’Europe occidentale.
Selon Numismatica Genevensis, cette monnaie d’or, frappée sous le règne de Philippe III, est une véritable métaphore du pouvoir hispanique. Elle illustre l’opulence et la suprématie de l’Espagne, alimentées par les richesses provenant du Nouveau Monde. La pièce est unique en son genre : seul cet exemplaire est connu à ce jour.
« C’est une chance qu’elle ait été préservée jusqu’à aujourd’hui, car souvent ces gros objets en or disparaissent en période de troubles socio-politiques », a expliqué à l’agence EFE le président de la société numismatique, Frank Baldacci. « Nous parlons d’une pièce d’or exceptionnelle, historiquement très importante, qui a probablement tout pour que son prix batte des records », a-t-il ajouté.
Le centén de Ségovie appartenait autrefois à la collection Caballero de Yndias, l’une des plus réputées dans le domaine de la numismatique hispanique. Elle avait été acquise par un collectionneur basque résidant à Cuba et vendue aux enchères en 2009 à Barcelone par la maison Áureo & Calico. Après un passage entre les mains d’un collectionneur suisse dont l’identité reste confidentielle, la pièce est de nouveau proposée à la vente.
La vente genevoise comprendra également quatre autres pièces exceptionnelles frappées à l’Hôtel de la Monnaie de Ségovie, l’une des plus importantes monnaies royales du XVIIe siècle. L’Hôtel de la Monnaie de Ségovie, fondé par Philippe II, avait attiré des ingénieurs experts venus du Tyrol autrichien, alors considéré comme le meilleur atelier monétaire d’Europe. Numismatica Genevensis souligne que cet atelier a fini par produire « les plus belles pièces que le monde ait jamais vues », reconnaissables notamment au petit aqueduc ornant leur avers.
Le centén n’était pas destiné à la circulation courante, mais plutôt à servir de cadeau diplomatique prestigieux, témoignant de la puissance et de la richesse de l’Espagne. Sa valeur, équivalant à plusieurs années de salaire pour un ouvrier, permettait théoriquement d’acquérir deux ou trois mules, un bien précieux à l’époque.
En 1633, une deuxième série de centaines fut frappée sous le règne de Philippe IV, dont un exemplaire est conservé au Musée Archéologique National.
Le record mondial de la pièce la plus chère vendue aux enchères est actuellement détenu par une pièce de 20 dollars américains frappée en 1933, qui a atteint plus de 18 millions de dollars (15,4 millions d’euros) en 2021.
Source : EFE
