Publié le 30 novembre 2025 à 15h07. Le ministre de l’Intérieur sortant, Hanke Bruins Slot, a fermement condamné les menaces croissantes à l’encontre des élus locaux, pointant du doigt un climat d’incitation à la haine attisé par certains responsables politiques, notamment Geert Wilders.
- Hanke Bruins Slot dénonce une ligne rouge franchie par les militants et condamne les propos incendiaires de Geert Wilders concernant l’accueil de demandeurs d’asile.
- Des élus locaux, particulièrement dans la province du Limbourg, témoignent d’intimidation et de menaces, notamment en lien avec l’implantation de centres d’accueil.
- Le gouvernement est critiqué pour son manque de soutien aux élus locaux et pour un message ambigu concernant la loi sur la répartition des demandeurs d’asile.
La sécurité des élus locaux est devenue une préoccupation majeure aux Pays-Bas, alors que les tensions autour de l’accueil des demandeurs d’asile s’intensifient. Hanke Bruins Slot a exprimé son indignation face à la multiplication des menaces et des intimidations, qualifiant ces actions de « terribles » et soulignant qu’elles sapent les fondements de la démocratie. Elle a appelé à un apaisement immédiat et à un respect de l’État de droit.
La ministre a particulièrement critiqué les déclarations de Geert Wilders, leader du Parti pour la Liberté (PVV), qui a déclaré sur X que les habitants ne devraient pas accepter l’arrivée de centres pour demandeurs d’asile. « Le ton général, le décor est extrêmement incendiaire », a-t-elle déclaré lors de l’émission télévisée WNL dimanche. Elle estime que M. Wilders tient des « propos très grossiers », qui « heurtent les limites de ce que l’on peut tenir ».
En réponse, Geert Wilders a affirmé sur X que Hanke Bruins Slot était un « naïf » avec des « textes faibles », ajoutant : « Nous ne venons que de commencer, préparez-vous ».
Ces tensions interviennent alors que de nombreux maires, conseillers municipaux et autres administrateurs locaux se disent de plus en plus menacés et intimidés, souvent en raison de l’implantation de centres d’accueil pour demandeurs d’asile. La province du Limbourg a publié ce week-end un appel signé par plus de 900 élus, demandant la cessation des « cris, insultes, intimidations et menaces ». Cette publicité faisait suite à des mesures de sécurité renforcées autour de la résidence du maire de Venlo, suite à des menaces en ligne liées à l’arrivée d’un centre pour demandeurs d’asile.
Les élus locaux demandent également davantage de soutien de La Haye, alors que les partis VVD et BBB, qui faisaient partie de la coalition sortante, souhaitent revoir la loi sur la répartition des demandeurs d’asile, qui oblige les communes à accueillir des centres d’accueil. Cependant, cette loi reste en vigueur et doit être appliquée.
Le gouvernement assure qu’il respecte cette loi, mais l’Association des communes néerlandaises (VNG) dénonce un « double message déroutant » qui alimente la résistance et rend les élus locaux encore plus vulnérables. Le ministre reconnaît la difficulté de la situation, mais insiste sur le fait que les municipalités doivent appliquer la loi en vigueur : « La loi est la loi et je la respecte. »
Le cabinet a déjà alloué 3 millions d’euros pour renforcer la sécurité lors des réunions du conseil municipal, mais Hanke Bruins Slot ne prévoit pas de mesures supplémentaires pour l’instant, se contentant de lancer un appel moral à la « retenue ».
Dans l’émission télévisée Hors cour, la présidente de la VNG, Annemarie Jorritsma, a déclaré qu’elle attendait davantage d’action non seulement de Hanke Bruins Slot, mais également du Premier ministre sortant, Dick Schoof. Elle accuse le gouvernement de « tiédeur » et souligne que l’envoi d’un signal ambigu est contre-productif. « Élaborez des politiques, mais assurez-vous que les personnes en première ligne soient soutenues », a-t-elle insisté.
Mme Jorritsma a également qualifié les déclarations de Geert Wilders d’inacceptables : « C’est excessif. Il ne respecte pas l’autorité. »
