Publié le 29 décembre 2025 à 12h00. La Slovaquie affiche les salaires nets les plus bas de l’Union européenne pour les diplômés universitaires, une situation qui s’aggrave avec les mesures de consolidation budgétaire prévues pour 2026, poussant les talents qualifiés vers d’autres pays.
- Les diplômés universitaires slovaques perçoivent en moyenne 12 168 euros nets par an, soit bien en deçà de la moyenne européenne de 33 237 euros.
- La Roumanie et la Bulgarie, traditionnellement considérées comme les pays les plus pauvres de l’UE, dépassent désormais la Slovaquie en termes de rémunération.
- Les mesures d’austérité prévues pour 2026, notamment l’augmentation des cotisations santé et la réduction du minimum non imposable, devraient accentuer ce désavantage.
La Slovaquie se retrouve en queue de peloton concernant la rémunération des diplômés universitaires au sein de l’Union européenne, selon des données récentes publiées par l’Office européen des statistiques (Eurostat). Avec un salaire net annuel de 12 168 euros, les jeunes diplômés slovaques sont loin derrière la moyenne européenne qui s’élève à 33 237 euros.
En comparaison avec les autres anciens États socialistes, la Slovaquie est également en retard. La Slovénie (25 825 euros), l’Estonie (23 644 euros) et la République tchèque (21 779 euros) offrent de meilleures perspectives salariales aux jeunes diplômés. De manière paradoxale, la Roumanie (13 333 euros) et la Bulgarie (16 521 euros) ont réussi à dépasser la Slovaquie dans ce classement.
Le salaire brut annuel moyen en Slovaquie s’élevait à 20 287 euros en 2024, contre 18 481 euros en Hongrie, 17 954 euros en Grèce et 15 387 euros en Bulgarie. Ces chiffres confirment que la Slovaquie n’est pas un environnement particulièrement attractif pour les diplômés universitaires.
Les perspectives pour 2026 ne sont pas plus encourageantes. Les mesures de consolidation budgétaire prévues devraient exercer une pression accrue sur les revenus, en particulier pour les classes moyennes. Dès janvier, les salariés verront leurs cotisations santé augmenter d’un pour cent, et le montant du minimum non imposable sera réduit lors de la déclaration annuelle des revenus.
Selon les prévisions, si le revenu imposable d’un particulier, après déduction des cotisations obligatoires, dépasse 26 367 euros bruts par an, il sera considéré comme relativement aisé et bénéficiera du minimum non imposable de 5 966 euros par an.
La Slovaquie accuse un retard croissant par rapport à des pays comme la Roumanie, qui connaît une forte demande de main-d’œuvre qualifiée. Cette situation encourage un retour des étudiants universitaires roumains ayant étudié ou travaillé à l’étranger, notamment dans le secteur informatique. Ce retour est facilité par une plus grande disponibilité de logements abordables, contrairement à la Slovaquie où les prix de l’immobilier sont élevés, en partie à cause de l’augmentation de la TVA sur l’achat d’un appartement, passée de 20% à 23%.
L’économie slovaque, largement basée sur des emplois peu qualifiés dans l’industrie manufacturière, atteint ses limites. De plus, une part importante de ces emplois est occupée par des travailleurs étrangers originaires de pays tiers. Pour attirer ces investissements, l’État a accordé pendant des années des incitations fiscales et des subventions aux entreprises, parfois jusqu’à 50% du coût total de la main-d’œuvre, ce qui a creusé le déficit des finances publiques. Ces aides généreuses pourraient bientôt être limitées par l’introduction d’un impôt minimum sur les sociétés de 15%, applicable également aux multinationales.
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