Publié le 8 octobre 2024 11h58. Plusieurs réformes majeures ont été adoptées par le Parlement bulgare concernant le système éducatif, allant de l’introduction d’un nouveau cours axé sur les valeurs à une plus grande flexibilité pour les maires en matière de jours de congé scolaire.
- Un nouveau cours intitulé « Vertus et religions » sera introduit dans les écoles, axé sur les valeurs morales et les fondements du christianisme orthodoxe et de l’islam, avec un choix laissé aux élèves et à leurs parents.
- Les maires auront désormais des pouvoirs plus limités pour déclarer des jours de congé scolaire, devant obtenir l’approbation du ministre de l’Éducation dans les situations d’urgence.
- Un soutien linguistique supplémentaire sera offert aux élèves ayant des difficultés en bulgare, avec différentes options d’aide disponibles.
Après quatre heures de débat, le Parlement bulgare a approuvé une série de modifications législatives visant à moderniser et à améliorer le système éducatif national. Trois projets de loi ont été présentés – par le Conseil des ministres, le parti « Nous continuons le changement » et « Bulgarie démocratique » – mais seul celui du gouvernement a été adopté, avec 169 voix favorables issues des coalitions gouvernementales, de Renaissance, du MRF-HN, de l’APS, de l’Épée et de l’Indépendant.
L’un des points les plus controversés a été l’introduction du nouveau cours « Vertus et religions ». Nikolay Denkov, coprésident du groupe PP-DB, a plaidé pour son retrait, estimant qu’il n’y avait pas de consensus social ou parlementaire sur cette question. Cependant, sa proposition n’a pas été retenue. Le cours abordera les fondements du christianisme orthodoxe et de l’islam, mais se concentrera principalement sur l’enseignement des valeurs, en fonction du choix de l’élève et de ses parents. Il est important de noter que ce nouveau cours ne sera pas évalué.
Les pouvoirs des maires en matière de jours de congé scolaire ont également été revus. Désormais, ils ne pourront plus annoncer unilatéralement des jours non scolaires. Ils pourront annuler jusqu’à trois jours d’école en cas de circonstances imprévues ou pour célébrer les fêtes locales. Cette mesure vise à éviter les abus, comme celui constaté dans la municipalité de Nessebar, qui avait déclaré le 3 octobre comme jour non scolaire suite aux inondations qui ont fait quatre victimes. En cas d’urgence, les maires devront obtenir l’autorisation du ministre de l’Éducation. Ils ne pourront plus déclarer de jours de congé pour les fêtes locales, telles que le 17 septembre à Sofia ou le 6 décembre à Burgas.
Pour aider les élèves en difficulté, des mesures de soutien linguistique seront mises en place. Le niveau de compétence linguistique sera évalué par les enseignants lors de l’admission en maternelle ou en première année, en particulier pour les enfants n’ayant pas fréquenté la maternelle, ceux ayant étudié à l’étranger ou les réfugiés. Ce soutien prendra la forme de consultations, de cours individuels supplémentaires (de la première à la septième année) ou de cours de langue.
Les lycées spécialisés en mathématiques seront désormais reconnus comme des établissements spécialisés, au même titre que les écoles de sport, d’art et de culture. Les élèves admis après la quatrième année pourront y poursuivre leurs études après la septième, quel que soit leur niveau scolaire.
Une attention particulière a été portée à la lutte contre la ségrégation scolaire. Les municipalités seront désormais tenues d’empêcher la création de jardins d’enfants et d’écoles regroupant principalement des enfants d’origine rom. Des critères spécifiques seront intégrés aux normes éducatives nationales pour garantir l’inclusion. Les ministères régionaux de l’éducation devront réduire le nombre d’enfants admis dans ces établissements et orienter les nouveaux élèves vers d’autres écoles plus diversifiées. La définition d’un « jardin d’enfants séparé » a été précisée : il s’agit d’un établissement regroupant principalement des enfants d’origine rom, ce qui entrave la mise en œuvre d’une politique d’inclusion efficace.
Les élèves de première année auront désormais la possibilité de redoubler, mais une seule fois.
Une nouvelle plateforme nationale de ressources éducatives électroniques sera créée pour permettre le téléchargement d’aides numériques et de manuels approuvés par le ministère de l’Éducation et des Sciences, ainsi que le Centre national d’orientation professionnelle.
Les administrateurs ayant été élus députés, maires ou occupant d’autres fonctions importantes, ou devenus ministres, pourront retrouver leur poste initial après la fin de leur mandat.
La certification des enseignants et des directeurs sera désormais annuelle, au lieu de tous les quatre ans.
Les parents qui n’inscrivent pas leurs enfants à l’école maternelle ou primaire s’exposeront à des amendes allant de 80 à 250 leva (environ 40 à 125 euros) au lieu des 50 à 150 leva (environ 25 à 75 euros) actuels. En cas de récidive, les amendes pourront atteindre 800 leva (environ 400 euros). Les fonds collectés grâce à ces amendes seront versés au jardin d’enfants ou à l’école s’ils disposent d’un budget délégué, sinon à la municipalité.
« Une nouvelle politique est le renforcement de la fonction éducative à travers le sujet indépendant “Vertus et religions”. Le nouveau n’est pas la religion mais le programme de vertu. Ce sera une heure d’éducation qui ne sera pas écrite. Nous devons renforcer la fonction éducative – c’est la principale chose à faire, car le ministre de l’éducation a indiqué que le système éducatif est éduqué, pour éduquer, éduquer la fonction des enfants. »
Krasimir Valchev, présent tout au long du débat
« Ce projet de loi est un moyen d’offrir une éducation plus moderne et de qualité, répondant aux besoins actuels. »
Yordanka Fandakova, Gerb
Stanislav Balabanov a assuré que son groupe soutiendrait le projet de loi présenté par « Nous continuons le changement » en raison de leurs propositions concernant le mandat des directeurs d’école et l’introduction de l’intelligence artificielle.
Le MRF – Nouveau début a salué le projet de loi, en particulier les mesures visant à renforcer l’apprentissage du bulgare et la possibilité de proposer des cours préparatoires. Cependant, ils ont critiqué l’évaluation des enseignants et des directeurs, ainsi que la restriction des pouvoirs des maires en matière de jours de congé scolaire.































