L’économiste Noriko Hama, spécialiste de l’économie européenne et mondiale, revient sur son parcours atypique, marqué par un séjour précoce à Londres, qui a façonné sa vision du monde et sa manière d’analyser les enjeux économiques. Elle souligne l’importance de définir clairement les objectifs et les moyens avant d’entreprendre toute réforme économique.
Noriko Hama, professeure à la Graduate School of Business de l’Université Doshisha, est devenue une figure reconnue du débat économique au Japon, notamment grâce à ses interventions régulières dans les médias, comme l’émission « Hodo Station » sur TV Asahi. Son approche, souvent percutante, se distingue par une analyse rigoureuse et une remise en question des idées reçues.
Son regard critique sur l’économie s’est développé dès son enfance. Entre 8 et 12 ans, elle a vécu à Wimbledon, une banlieue de Londres, en raison du travail de son père dans une société commerciale. Cette immersion précoce dans un environnement culturel différent a été déterminante.
« J’ai intégré une école privée pour filles gérée par un couvent catholique et, en trois mois, j’ai pu parler anglais sans difficulté », explique-t-elle. Cette école, de petite taille – environ 200 élèves – lui a permis de s’intégrer rapidement et de découvrir une société britannique aux valeurs et aux codes différents de ceux du Japon.
Cette expérience a mis en évidence un contraste frappant entre les deux sociétés. Elle a ainsi pu observer de visu les réalités d’un monde en pleine mutation, une perspective qui a profondément influencé sa carrière d’économiste et sa capacité à analyser les dynamiques économiques globales.
Interrogée sur les moyens de relancer l’économie japonaise, Noriko Hama insiste sur la nécessité d’une réflexion préalable : « Pour qui, dans quel but et quel type de politiques ? Si ce n’est pas clair, quoi que vous fassiez, cela ne servira à rien. » Cette phrase, concise et directe, résume sa philosophie : toute action économique doit être guidée par une vision claire et des objectifs précis.
