Publié le 14 novembre 2025 01:23:00. Le Brésil, bien que toujours considéré comme exempt de rougeole, a enregistré 37 cas en 2025, tandis que l’ensemble du continent américain a perdu sa certification de région indemne de cette maladie, suscitant des inquiétudes et des mesures de prévention renforcées.
- Le Brésil a confirmé 37 cas de rougeole en 2025, tous importés ou liés à des cas importés.
- Les Amériques ont perdu leur statut de région exempte de rougeole en raison de la résurgence de la maladie, notamment au Canada, au Mexique et aux États-Unis.
- Les autorités brésiliennes intensifient la vaccination, en particulier dans les zones frontalières et en prévision de la COP-30.
Malgré le maintien de sa certification nationale, le Brésil fait face à une recrudescence de cas de rougeole en 2025. Selon l’Organisation panaméricaine de la santé (PAHO), 37 infections ont été recensées sur le territoire brésilien. Ces cas, concentrés dans plusieurs États, sont tous liés à des importations ou à des contacts avec des personnes infectées à l’étranger, ce qui n’a pas, pour l’instant, remis en cause le statut indemne du pays.
La situation est plus préoccupante à l’échelle continentale. Lundi dernier, les Amériques ont officiellement perdu leur certification de région exempte de rougeole, une reconnaissance obtenue après des années d’efforts de vaccination. Cette décision fait suite à une augmentation significative du nombre de cas, en particulier au Canada, au Mexique et aux États-Unis, où 95 % des 12 596 cas confirmés en 2025 sont concentrés. Au total, 28 décès ont été enregistrés : 23 au Mexique, trois aux États-Unis et deux au Canada.
Au Brésil, les cas confirmés se répartissent comme suit : 25 dans l’État de Tocantins, 6 dans le Mato Grosso, 2 à Rio de Janeiro, et un chacun dans le Distrito Federal, le Maranhão, le Rio Grande do Sul et São Paulo. Les premiers signalements remontent à mars, avec le diagnostic de deux enfants d’une même famille à São João de Meriti (RJ). Les autorités sanitaires ont alors rapidement mis en place des mesures de contrôle, notamment le traçage des contacts et le renforcement de la vaccination, permettant de contenir la propagation du virus dans cette zone.
Un autre foyer épidémique s’est déclaré en juillet à Campos Lindos (TO), suite au retour de quatre Brésiliens infectés en Bolivie. Ces derniers ont contaminé 25 autres personnes, dont 22 issues d’une communauté ayant un faible taux de vaccination. Un cas confirmé dans la ville de Carolina (MA) était lié à cette même communauté. Dans l’État du Mato Grosso, six cas ont été identifiés à Primavera do Leste, dont quatre chez des personnes revenant de Bolivie avec la maladie, et deux cas secondaires liés à des importations.
Face à cette situation, le ministère de la Santé a intensifié les campagnes de vaccination contre la rougeole, notamment dans les États frontaliers de la Bolivie, de l’Uruguay et de l’Argentine. Plus de 640 000 doses de vaccin ont également été offertes au gouvernement bolivien.
En 2024, le Brésil avait atteint une couverture vaccinale de 95,80 % pour la première dose du vaccin ROR (Rougeole-Oreillons-Rubéole) et de 80,43 % pour la seconde dose. Cependant, les données de 2025 montrent une légère baisse : 91,51 % pour la première dose et 75,53 % pour la seconde. Le vaccin contre la rougeole, disponible gratuitement dans les unités de soins de base (UBS) pour les personnes âgées de 12 à 59 ans, reste la principale arme de prévention contre cette maladie potentiellement grave, qui peut entraîner des complications telles que des pneumonies, des encéphalites, la cécité et, dans certains cas, le décès.
Par ailleurs, le ministère de la Santé a souligné l’importance de maintenir une vigilance accrue en raison du Sommet des Nations Unies sur le climat (COP-30) qui se tiendra dans l’État du Pará, et de l’afflux important de personnes provenant de différents pays. Le Programme National de Vaccination (PNI) a donc renforcé la vaccination dans cette région depuis le début de l’année, avec l’administration d’environ 351 000 doses à la population locale.
« Nous nous engageons à empêcher la réintroduction du virus dans le pays. En plus des actions de surveillance, le ministère de la Santé a garanti l’approvisionnement en agents vaccinaux dans tous les États. »
Alexandre Padilha, ministre de la Santé
