Publié le 2 novembre 2025 à 06h31. Le gouvernement brésilien s’apprête à dévoiler une « Taxonomie brésilienne de durabilité » (BST), un outil inédit qui vise à standardiser les critères des projets et actifs considérés comme durables, en intégrant des enjeux sociaux tels que l’égalité raciale et de genre, une approche novatrice à l’échelle internationale.
- Le Brésil ambitionne de proposer un cadre mondial, une « super-taxonomie », lors de la COP30.
- La BST fournira aux entreprises un guide pour déclarer et suivre leurs performances en matière de développement durable.
- Ce nouvel outil permettra de lutter contre le « greenwashing » en établissant des normes claires et uniformes.
Le Brésil franchit une étape importante dans sa politique de développement durable avec l’imminente publication de la Taxonomie brésilienne de durabilité (BST). Développée sous l’égide du ministère des Finances (Ministério da Fazenda/MF) et fruit d’une large consultation de la société civile, d’organismes de réglementation et d’experts, la BST ambitionne de définir précisément ce qui constitue une activité économique, un actif financier ou un projet d’investissement « durable ». Selon les critères établis, ces derniers devront contribuer de manière significative à des objectifs environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG), sans pour autant compromettre d’autres impératifs économiques ou sociaux.
« La BST définit les critères techniques et scientifiques sur la base de… », a souligné Christina Reis, secrétaire permanente du ministère des Finances pour la finance durable. L’outil se concentre sur l’atténuation et l’adaptation au changement climatique, mais se distingue par son inclusion explicite de la réduction des inégalités de genre et raciales, un aspect qui va au-delà des approches observées dans d’autres pays, comme le Mexique qui se concentre principalement sur l’égalité des sexes.
La mise en œuvre de la BST aura des répercussions significatives sur divers secteurs. Pour les entreprises, elle constituera un cadre de référence pour la déclaration, la vérification et le suivi de leurs données en matière de développement durable. Elles devront adopter des technologies propres et à faibles émissions de carbone, tout en promouvant l’égalité raciale et de genre tout au long de leur chaîne de production. Le secteur financier sera également guidé pour orienter les investissements vers des produits et des projets durables, créant ainsi de nouvelles opportunités d’emploi. Enfin, la BST permettra de lutter contre le « greenwashing » en établissant des normes officielles, claires et uniformes pour l’évaluation des performances ESG.
Le Brésil entend également jouer un rôle de premier plan sur la scène internationale en proposant le concept de « super-taxonomie » lors de la COP30. L’objectif est de créer un cadre mondial permettant de comparer les taxonomies nationales, de faciliter les flux financiers transfrontaliers et de définir des principes et des exigences minimales que tous les pays devraient respecter. Cette initiative pourrait ouvrir de nouveaux marchés et stimuler l’investissement dans les secteurs des énergies propres, de l’agriculture durable et de la bioéconomie.
La BST s’inscrit dans la continuité du Plan de transformation écologique du ministère des Finances et d’autres politiques publiques brésiliennes. Elle servira de base technique pour des instruments financiers tels que les obligations souveraines durables, Eco Invest et le Fundo Clima. Un prochain décret réglementera l’étiquetage financier, les marchés publics et les incitations fiscales.
Au-delà d’une simple norme technique, la BST représente un outil essentiel pour orienter les investissements et les finances vers un développement durable, et pourrait redéfinir l’avenir de l’économie et du travail au Brésil.
Source: COP30
Statistiques sur les inégalités raciales et de genre : En 2020, le Grupo Gay da Bahia a recensé 237 décès liés à la violence LGBT+, dont 224 meurtres. De plus, l’organisation Human Rights Watch a reçu 1 134 plaintes pour violences basées sur le genre au cours des quatre premiers mois de la même année.
