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La fécondité chute en Amérique latine à son plus bas historique, selon un rapport de la CEPALC | Société

by Nicolas Lefèvre

Publié le 29 octobre 2025. La fécondité en Amérique latine et dans les Caraïbes atteint des niveaux historiquement bas, menaçant la stabilité démographique de la région, selon une nouvelle étude de la CEPALC. Cette baisse, accélérée par l’émancipation des femmes et un meilleur accès à la contraception, soulève des questions sur l’avenir socio-économique de ces pays.

  • Le taux de fécondité régional est tombé à 1,8 enfant par femme en 2024, le plus bas jamais enregistré.
  • Trois pays sur quatre de la région sont désormais en dessous du seuil de remplacement démographique depuis 2015.
  • La fécondité adolescente a chuté de 38,8 % au cours de la dernière décennie.

L’Amérique latine et les Caraïbes connaissent une transformation démographique profonde, marquée par une baisse significative du nombre d’enfants par femme. Selon le rapport « Observatoire démographique 2025 – L’Amérique latine et les Caraïbes face à la faible fécondité : tendances et dynamiques », publié ce mercredi par la Commission économique pour l’Amérique latine et les Caraïbes (CEPALC), le taux de fécondité global est désormais de 1,8 enfant par femme en 2024. Ce chiffre, le plus bas jamais enregistré, est insuffisant pour assurer le renouvellement des générations.

L’étude révèle que 76 % des pays et territoires de la région affichent des taux inférieurs à 2,1 enfants par femme, le seuil considéré comme nécessaire pour maintenir une population stable, et ce depuis 2015. Cette tendance à la baisse s’explique par une combinaison de facteurs, notamment l’amélioration de l’accès à l’éducation – en particulier pour les femmes – et une participation accrue de ces dernières au marché du travail. L’accès facilité aux méthodes contraceptives modernes et les progrès en matière d’égalité des sexes jouent également un rôle déterminant.

Les préférences en matière de reproduction ont évolué au fil du temps, avec une tendance à la régulation des naissances et au report de la maternité. Ce phénomène, qui s’est accéléré depuis la seconde moitié du XXe siècle, est particulièrement rapide en Amérique latine et dans les Caraïbes par rapport à d’autres régions du monde.

Le Centre démographique d’Amérique latine et des Caraïbes (CELADE) – Division de la population de la CEPALC, qui a préparé ce rapport, souligne que la région « traverse une phase avancée de transformation démographique, caractérisée par une fécondité de plus en plus faible et des changements significatifs dans les calendriers de reproduction ». L’âge moyen de fécondité a connu une évolution notable : il est passé de 29 ans en 1950 à 26,9 ans en 2010, avant de remonter à 27,6 ans en 2024.

La diminution de la fécondité est également liée à une baisse marquée des grossesses chez les adolescentes. Le nombre de naissances vivantes pour 1 000 femmes âgées de 15 à 19 ans est passé de 69,9 en 2014 à 50,3 en 2024, soit une diminution de 38,8 %. Les plus fortes progressions ont été observées en Argentine, au Chili, au Costa Rica, au Panama, en République dominicaine et en Uruguay.

Le rapport met également en évidence des inégalités régionales en matière de comportements reproductifs. Dans les quintiles de revenus les plus bas, le nombre d’enfants souhaités par les femmes est inférieur à leur fécondité réelle, tandis que dans les quintiles de revenus les plus élevés, la fécondité observée est inférieure au nombre idéal d’enfants. Cette disparité « refléterait des lacunes dans l’exercice des droits sexuels et reproductifs, ainsi que dans la conciliation entre vie productive et reproductive, l’accès au logement et aux services de soins, entre autres aspects ».

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