Publié le 22 octobre 2025 17h05. L’Égypte conditionne sa participation à une future force de stabilisation à Gaza à un mandat clair défini par l’ONU et à une durée limitée, tout en insistant sur le rôle central des États-Unis dans cette opération.
- Le Caire exige une résolution du Conseil de sécurité de l’ONU pour encadrer le déploiement de la force.
- L’Égypte souhaite que la force se concentre sur le maintien de la sécurité et de la stabilité, et non sur le combat contre les factions armées.
- Les États-Unis, la Turquie, le Qatar et l’Égypte jouent un rôle de médiation dans le conflit à Gaza.
L’Égypte a exprimé ses conditions pour participer à la force de stabilisation envisagée pour Gaza après le cessez-le-feu actuel, selon des sources proches des négociations. Le Caire souhaite que cette force, initialement proposée par l’ancien président américain Donald Trump, soit placée sous commandement américain et inclue la Turquie, mais sous certaines conditions.
La participation égyptienne est notamment conditionnée à l’adoption d’une résolution du Conseil de sécurité de l’ONU qui précisera le mandat de la force et limitera la durée de son déploiement dans la bande de Gaza d’après-guerre.
« L’Égypte ne participera à cette force que si son mandat est avant tout de maintenir la sécurité et de sauvegarder la stabilité à Gaza et non de combattre les factions armées sur le territoire »,
Source anonyme
L’Égypte, aux côtés du Qatar, des États-Unis et de la Turquie, joue un rôle de médiateur dans la guerre à Gaza depuis son déclenchement en octobre 2023. Le rôle d’Ankara, en particulier, est récemment devenu plus visible dans le processus de paix. Ces quatre nations entretiennent des liens étroits avec Hamas, tout en étant des alliés des États-Unis. La Turquie, membre de l’OTAN, apporte une dimension régionale spécifique à ces efforts.
Par ailleurs, l’Égypte souhaite qu’Israël accepte une trêve pouvant aller jusqu’à dix ans, afin de permettre aux factions armées de Gaza de désarmer et de remettre leurs armes sous supervision internationale. L’objectif serait que ces factions se transforment en groupes politiques non violents et s’intègrent au paysage politique palestinien sous l’égide de l’Autorité palestinienne basée en Cisjordanie.
Ces révélations interviennent alors que les États-Unis intensifient leurs efforts diplomatiques pour mettre en œuvre le plan en 20 points présenté par Donald Trump pour Gaza. Les dernières phases de ce plan, notamment le désarmement du Hamas et la gouvernance de Gaza d’après-guerre, s’annoncent plus complexes que la première étape qui a conduit au cessez-le-feu du 10 octobre.
La semaine dernière, le Hamas a libéré 20 otages israéliens et les restes de 15 autres, tandis qu’Israël a libéré près de 2 000 Palestiniens détenus et restitué les corps d’environ 200 autres.
Le vice-président américain JD Vance, l’envoyé spécial américain Steve Witkoff et le gendre de Donald Trump, Jared Kushner, se sont rendus cette semaine au Moyen-Orient pour consolider le cessez-le-feu et discuter des prochaines étapes du plan. Le chef des renseignements égyptiens, Hassan Rashad, a également rencontré des responsables américains et israéliens en Israël mardi, et devait rencontrer mercredi au Caire Hussein Al Sheikh et Maged Farag, respectivement vice-président et chef des renseignements de l’Autorité palestinienne.
JD Vance a déclaré à Jérusalem :
« Nous avons une tâche très, très difficile qui nous attend, qui consiste à désarmer le Hamas mais à reconstruire Gaza, à améliorer la vie de la population de Gaza, mais aussi à garantir que le Hamas ne soit plus une menace pour nos amis en Israël. »
Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a exprimé des réserves quant à la participation de la Turquie à la force de stabilisation, déclarant :
« J’ai des opinions très arrêtées à ce sujet. Vous voulez deviner lesquelles ? »
Selon des sources, l’Égypte était initialement susceptible de diriger la force de stabilisation, avec la Turquie, l’Indonésie et l’Azerbaïdjan fournissant des troupes. Cependant, le Caire privilégie désormais un rôle de leadership américain pour renforcer la légitimité et la sécurité de la force.
Les discussions portent également sur la réouverture du poste frontière de Rafah entre l’Égypte et Gaza, fermé en mai 2024 après sa prise de contrôle par les forces israéliennes. L’Égypte et d’autres pays souhaitent rouvrir ce passage pour faciliter l’acheminement de l’aide humanitaire et permettre aux Gazaouis blessés de recevoir des soins médicaux à l’étranger, ainsi que le retour des réfugiés.
La guerre à Gaza a été déclenchée par l’attaque du Hamas contre le sud d’Israël le 7 octobre 2023, qui a fait environ 1 200 morts et 240 personnes enlevées. Israël a répliqué par une campagne militaire qui a fait au moins 68 234 morts parmi les Palestiniens, selon le ministère de la Santé de Gaza. Cette campagne a également déplacé la majorité des 2,3 millions d’habitants de Gaza et causé d’importantes destructions, entraînant une grave crise humanitaire.




