Publié le 18 janvier 2026 à 10h30. Plusieurs forces de police européennes, initialement enthousiastes à l’idée d’une flotte entièrement électrique, reviennent sur cette stratégie face à des performances décevantes en conditions réelles et des contraintes opérationnelles imprévues.
- La police suédoise abandonne pour l’instant son projet de transition complète vers des véhicules électriques, invoquant une autonomie insuffisante dans le climat arctique.
- En Allemagne, des policiers se plaignent de la décharge rapide des batteries lors d’interventions et des difficultés de recharge sur le terrain.
- La police norvégienne privilégie temporairement les véhicules à combustion interne, en s’appuyant sur un contrat existant avec Volvo.
Il y a quelques années, de nombreuses polices à travers le monde, notamment en Californie et dans plusieurs pays européens, avaient commencé à intégrer des véhicules électriques à leurs flottes, anticipant un avenir où tous les véhicules de service seraient propulsés à l’électricité. Certains pays nordiques avaient même annoncé des programmes ambitieux de remplacement complet de leurs flottes. Cependant, l’expérience sur le terrain s’avère moins enthousiasmante que prévu.
La police suédoise a récemment annoncé qu’elle suspendait son projet de transition vers une flotte 100% électrique. Selon les forces de l’ordre suédoises, l’autonomie des véhicules électriques est particulièrement compromise dans les conditions climatiques rigoureuses de la Scandinavie. De plus, l’équipement lourd embarqué par les véhicules d’intervention réduit considérablement cette autonomie.
« Si le même modèle de voiture électrique peut avoir une autonomie de 500 km dans la vie réelle lorsqu’il roule lentement, à 80-90 km/h, avec un seul conducteur à bord, dans des conditions favorables, lorsqu’il arrive entre les mains de la police, avec tout l’équipement à bord, en étant conduit avec des accélérations proches du maximum et une vitesse aussi élevée que possible pour atteindre le plus rapidement possible le lieu d’intervention, l’autonomie maximale que nous obtenons est de 150 km dans de telles conditions »
Police suédoise
En Allemagne, la police du Bade-Wurtemberg avait testé 180 véhicules électriques d’Audi, BMW et Mercedes. En mars 2025, le syndicat de la police avait fait part de son mécontentement, dénonçant une autonomie insuffisante lors des interventions rapides et des difficultés de recharge. Des missions de surveillance ont même dû être abandonnées en raison d’une batterie à plat. Les policiers se retrouvaient contraints d’attendre entre 40 et 60 minutes dans des bornes de recharge rapide situées près de supermarchés pendant leurs heures de travail.
La police norvégienne a opté pour une approche plus pragmatique, annonçant en 2025 qu’elle continuerait à acquérir principalement des véhicules à combustion interne, en s’appuyant sur un contrat préexistant avec Volvo. Le constructeur a même produit à l’avance des modèles diesel V90 Cross Country, avant d’arrêter la production de moteurs diesel et du modèle V90 CC, afin d’honorer ses engagements contractuels. CarUp rapporte cette situation.
Outre l’autonomie, la police suédoise met en avant la fragilité des batteries des véhicules électriques. Les interventions policières impliquent souvent de franchir des ralentisseurs ou des obstacles, ce qui peut endommager le boîtier de la batterie et nécessiter un remplacement coûteux. Un mécanicien finlandais avait d’ailleurs mis en évidence le cas d’une BMW i4 recalée au contrôle technique pour une simple déformation de 1,5 mm dans le boîtier de la batterie.
La police suédoise souligne également que les plans initiaux de transition vers l’électrique reposaient sur l’hypothèse d’une disparition complète des véhicules à combustion interne, une perspective qui ne se confirme pas. La plupart des constructeurs automobiles ont revu leur stratégie et prévoient de maintenir les moteurs thermiques dans leur gamme pendant encore de nombreuses années. Dans ces conditions, les forces de l’ordre suédoises préfèrent conserver leurs véhicules actuels, en attendant une évolution technologique plus favorable.
