Publié le 10 novembre 2025 à 00:11:00. Cinq militaires colombiens ont été enlevés dimanche dans la région d’Arauca, une zone où l’activité de groupes armés illégaux, dont l’ELN et des dissidents des FARC, est en forte augmentation. Cet incident survient quelques heures après une tentative d’attentat à Tunja.
- Cinq militaires de la 18e Brigade (8e Division) de l’Armée Nationale ont été enlevés alors qu’ils voyageaient en bus dans le village de Santo Domingo, à Tame (Arauca).
- L’ELN et des groupes dissidents des FARC, notamment le groupe commandé par alias Iván Mordisco et la Deuxième Marquetalia dirigée par alias Iván Márquez, sont activement impliqués dans des combats pour le contrôle territorial et le trafic de drogue dans la région.
- Une tentative d’attentat a visé le bataillon d’infanterie n°1 Simón Bolívar à Tunja (Boyacá), attribuée au front José Adonay Ardila Pinilla de l’ELN.
L’enlèvement des militaires s’est produit dans l’après-midi du dimanche 9 novembre, lorsque le bus intercommunal sur lequel ils se trouvaient a été intercepté à Santo Domingo, une zone rurale de la municipalité de Tame, dans le département d’Arauca. Les autorités ont immédiatement lancé des opérations de recherche pour localiser les soldats disparus.
Le Bureau du Médiateur a rapidement réagi en demandant « la libération immédiate et inconditionnelle des personnes détenues ». Dans un communiqué diffusé sur les réseaux sociaux, l’institution a souligné que la détention pourrait constituer un acte de prise d’otages et a réaffirmé sa volonté d’accompagner toute initiative humanitaire visant à obtenir leur libération ainsi que celle de toutes les personnes kidnappées.
Pour l’instant, le ministre de la Défense, le général Pedro Sanchez, n’a fait aucune déclaration publique concernant cette situation.
Cet incident intervient dans un contexte de recrudescence de la violence dans la région d’Arauca, où l’ELN (Armée de libération nationale) et les dissidents des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC) se disputent le contrôle du territoire et des routes de trafic de drogue. Les affrontements entre ces groupes armés illégaux se sont intensifiés ces derniers mois, exacerbant l’insécurité pour les populations locales.
Quelques heures avant l’enlèvement, une tentative d’attentat a visé les installations du bataillon d’infanterie n°1 Simón Bolívar à Tunja (Boyacá). Un camion-benne chargé de cylindres de bombes a été découvert devant l’installation militaire. Les autorités ont attribué cette action au front José Adonay Ardila Pinilla de l’ELN, actif dans le centre du pays et dans les plaines orientales.
Iris Marín, médiatrice, a déclaré à SEMANA que des alertes précoces concernant la sécurité de Tunja étaient déjà en vigueur. « Il y a deux alertes en vigueur à Tunja, toutes deux de nature nationale : celle des dirigeants sociaux et la récente alerte électorale. Dans cette dernière, Tunja est classée comme une municipalité dans laquelle il doit y avoir une action prioritaire de l’État ; c’est le troisième niveau d’attention, des cinq dans lesquels la classification a été faite. Autrement dit, même si ce n’est pas une ville dans laquelle sont identifiés les risques les plus élevés du pays, elle nécessite une action prioritaire », a-t-elle expliqué.
Selon la médiatrice, l’ELN et le Clan du Golfe maintiennent une présence permanente à Tunja. L’ELN a déjà été impliqué dans des actions impliquant des explosifs dans le passé, notamment en 2018, mais les risques directs liés à l’utilisation d’explosifs n’avaient pas été signalés récemment.
Hoy, cinco militares fueron privados de su libertad en Santo Domingo, Tame (Arauca), tras ser obligados a descender de un vehículo de transporte público por un grupo armado ilegal.
Exigimos la liberación inmediata e incondicional de las personas…
Defensoría del Pueblo (@DefensoriaCol) 9 novembre 2025
