Cinq policiers pakistanais ont été tués mardi dans une embuscade dans le nord-ouest du pays, une attaque qui intervient dans un contexte de tensions croissantes avec l’Afghanistan et de recrudescence de la violence dans la région frontalière.
L’attaque s’est produite dans le district de Karak, dans la province de Khyber Pakhtunkhwa, alors que les policiers effectuaient une patrouille de routine à proximité d’un champ pétrolier et gazier, a indiqué Noor Wali, le chef de la police locale. Les assaillants ont ouvert le feu sur le véhicule de police, puis l’ont incendié à l’aide d’essence, a-t-il précisé.
Un important dispositif de police a été déployé dans la zone et une opération de recherche a été lancée pour retrouver les auteurs de l’attaque. Le ministre pakistanais de l’Intérieur, Mohsin Naqvi, et le ministre en chef de Khyber Pakhtunkhwa, Suhail Afridi, ont fermement condamné l’acte. Ils ont promis que les responsables seraient traduits en justice et ont exprimé leurs condoléances aux familles des victimes.
Aucun groupe n’a pour l’instant revendiqué la responsabilité de l’attaque, mais les soupçons se portent sur les talibans pakistanais (TTP), une organisation distincte du gouvernement taliban afghan, mais qui lui est alignée. Les autorités pakistanaises accusent régulièrement le TTP de mener des attaques sur son territoire.
Le Pakistan connaît une augmentation de la violence armée, ce qui a exacerbé ses relations déjà tendues avec l’Afghanistan. Islamabad accuse le TTP de bénéficier d’un refuge en Afghanistan depuis la prise de pouvoir des talibans en 2021, une allégation que Kaboul dément.
Les tensions ont atteint un point critique en octobre dernier, après qu’une attaque de drone a visé Kaboul le 9 octobre, imputée par l’Afghanistan au Pakistan. Des affrontements transfrontaliers qui ont suivi ont fait des dizaines de morts, avant qu’un cessez-le-feu négocié par le Qatar ne soit conclu le 19 octobre. Les négociations qui se sont tenues à Istanbul la semaine dernière se sont toutefois soldées par un échec.
À retenir
- Cinq policiers ont été tués dans une embuscade dans le nord-ouest du Pakistan.
- L’attaque intervient dans un contexte de tensions croissantes avec l’Afghanistan.
- Aucun groupe n’a revendiqué la responsabilité, mais les soupçons se portent sur les talibans pakistanais (TTP).
Contexte
Les relations entre le Pakistan et l’Afghanistan sont tendues depuis la prise de pouvoir des talibans en 2021. Islamabad accuse le TTP de se réfugier en Afghanistan et de mener des attaques sur son territoire, ce que Kaboul nie. Des affrontements transfrontaliers et des accusations mutuelles ont régulièrement lieu.
Ce qui change
L’attaque de mardi pourrait entraîner une escalade des tensions entre le Pakistan et l’Afghanistan. Elle met également en évidence la persistance de la violence dans la région frontalière et la difficulté pour le Pakistan de contrôler les activités des groupes armés.
Prochaines étapes
Il faudra surveiller l’évolution de la situation sécuritaire dans la région et les éventuelles réactions des autorités pakistanaises et afghanes. Les négociations entre les deux pays, interrompues la semaine dernière, pourraient reprendre, mais leur issue reste incertaine.
Chiffres clés
- Nombre de policiers tués : 5
- Date de l’attaque : Mardi (date non spécifiée dans le texte original)
