Publié le 26 novembre 2025 16:49:00. L’épidémie de chikungunya connaît une recrudescence inquiétante à Cuba, avec un impact particulièrement sévère sur les nouveau-nés, les femmes enceintes et les personnes âgées. Les autorités sanitaires cubaines sont en état d’alerte face à une situation aggravée par des pénuries de ressources et des défaillances dans la lutte antivectorielle.
- Le virus chikungunya présente un risque vital pour les nouveau-nés, pouvant entraîner des complications neurologiques, respiratoires et cardiovasculaires graves.
- Les autorités cubaines ont mis en place un protocole en trois étapes pour la prise en charge des enfants, axé sur l’identification précoce des symptômes et la gestion clinique.
- Des informations non confirmées font état de décès d’enfants liés au chikungunya, soulevant des questions sur la transparence des autorités concernant l’ampleur réelle de l’épidémie.
Une réunion d’urgence entre le président Miguel Díaz-Canel, des scientifiques et des responsables de la santé a révélé que Cuba traverse le pic de l’épidémie de chikungunya, après des mois de réponse jugée insuffisante. Des études cliniques ont confirmé la transmission verticale du virus – de la mère à l’enfant pendant l’accouchement – une découverte particulièrement préoccupante.
La docteure Tania Roing Álvarez, responsable du Groupe national de néonatalogie, a souligné la gravité de la situation pour les nouveau-nés. Elle a expliqué que le chikungunya peut provoquer non seulement de la fièvre, mais aussi des complications potentiellement mortelles affectant le système nerveux, les poumons, le cœur et l’appareil digestif.
« Il est crucial d’identifier rapidement les symptômes chez les nourrissons, tels que l’irritabilité, la somnolence, le manque d’appétit ou une distension abdominale, car ils peuvent signaler des complications graves. »
Docteur Tania Roing Álvarez, responsable du Groupe national de néonatalogie
Le ministère de la Santé a élaboré un protocole de prise en charge pédiatrique en trois phases : identification des symptômes, détection précoce des signes avant-coureurs et un algorithme clinique pour le traitement. L’infectiologue pédiatrique Ileana Álvarez Lam a insisté sur l’importance de ce protocole pour améliorer les chances de survie des enfants infectés.
Selon les données officielles, au moins 63 enfants se trouvent dans un état critique en raison des complications liées au virus. Plus de 100 personnes sont actuellement hospitalisées en soins intensifs en raison du chikungunya et de la dengue, témoignant de la saturation du système hospitalier cubain.
L’épidémiologiste Raúl Guinovart, de l’Université de La Havane, a averti que les modèles mathématiques prévoient une poursuite de l’augmentation des cas d’arbovirus, soulignant la nécessité de renforcer les mesures de contrôle vectoriel. Il a également reconnu que les plaintes des citoyens concernant l’inefficacité des actions gouvernementales sont justifiées.
Des informations circulant dans les médias indépendants font état de au moins quatre décès d’enfants liés au chikungunya à La Havane au cours de la semaine précédente. Ces décès seraient liés à des complications de la transmission verticale du virus et à des retards dans l’accès aux soins.
Le Dr Francisco Durán, du Ministère de la Santé Publique, a récemment reconnu que le pays traverse l’une des pires phases de transmission virale depuis des années, soulignant la vulnérabilité particulière des enfants et des personnes âgées. Son intervention récente a mis en lumière l’ampleur de la crise.
Malgré les appels du président Díaz-Canel à « donner la priorité à la prévention et au contrôle avec intelligence et efficacité », la recrudescence du virus met en évidence les faiblesses structurelles du système de santé cubain face aux épidémies récurrentes, ainsi que les limitations en matière de lutte antivectorielle et d’approvisionnement en médicaments essentiels.
