Publié le 11 décembre 2025 à 12h56. Le Congrès hondurien refuse de reconnaître les résultats de l’élection présidentielle contestée, plongeant le pays dans une nouvelle crise politique alors que l’armée s’engage à assurer une transition pacifique du pouvoir.
- Le Comité permanent du Congrès hondurien conteste la validité du scrutin présidentiel du 30 novembre, évoquant des pressions exercées par des groupes criminels et des violations des libertés électorales.
- L’armée hondurienne a affirmé qu’elle respectera et reconnaîtra le décompte des voix en cours par le Conseil National Electoral (CNE).
- L’ancien président Juan Orlando Hernández, gracié par Donald Trump, est au centre de controverses liées à des accusations de trafic de drogue.
La décision du Congrès hondurien de ne pas valider les résultats de l’élection présidentielle du 30 novembre intervient dans un contexte de tensions croissantes et d’allégations de fraude. Le président du Congrès, Luis Redondo, a dénoncé, lors d’une conférence de presse à Tegucigalpa, un processus électoral entaché par des pressions internes de groupes criminels, notamment les gangs MS-13 et Barrio 18, ainsi que par des ingérences extérieures et des atteintes aux libertés électorales.
« L’Assemblée nationale ne reconnaîtra pas un processus (électoral) qui a été entaché par la pression interne des structures du crime organisé liées au trafic de drogue et aux gangs comme MS-13 et Barrio 18, sans parler des pressions externes et des violations directes des libertés électorales. »
Luis Redondo, président du Congrès hondurien
Cette prise de position intervient alors que le décompte des voix est toujours en cours et que deux candidats de droite, Nasry Asfura et Salvador Nasralla, sont au coude-à-coude. Le décompte a été ralenti par des problèmes informatiques, alimentant les soupçons de fraude. La Commission électorale nationale dispose d’un mois pour achever le processus.
L’armée hondurienne, qui a par le passé joué un rôle interventionniste dans la politique du pays, notamment en orchestrant un coup d’État en 2009 contre le président Manuel Zelaya, a pris position pour assurer une transition pacifique du pouvoir. Le chef d’état-major des armées, Roosevelt Hernández, a insisté sur le soutien de l’armée au décompte des voix réalisé par le CNE.
« Nous avons clairement exprimé notre position. Nous avons dit que nous soutiendrons et reconnaîtrons »
Roosevelt Hernández, chef d’état-major des armées honduriennes
L’intervention de l’armée est d’autant plus sensible que Roosevelt Hernández est considéré comme proche du gouvernement sortant. Il a affirmé que l’armée “assurerait… la passation de la présidence de la république”.
L’élection a également été marquée par l’implication de personnalités étrangères. L’ancien président américain Donald Trump a apporté son soutien à Nasry Asfura et a menacé de couper l’aide financière au Honduras si son candidat n’était pas élu. Il a également gracié de manière inattendue l’ancien président Juan Orlando Hernández, accusé de trafic de drogue, une décision perçue par beaucoup comme une tentative d’ingérence politique.
Juan Orlando Hernández avait été condamné aux États-Unis à 45 ans de prison pour avoir participé à « l’un des complots de trafic de drogue les plus importants et les plus violents au monde ». Sa libération, malgré ces accusations, a suscité de vives critiques.
La candidate de gauche Xiomara Castro, dont le mari, Manuel Zelaya, avait été renversé par un coup d’État en 2009, a soutenu les allégations de fraude et a demandé l’annulation de l’élection. Un examen d’environ 2 700 votes présentant des « incohérences » doit débuter demain au centre de dépouillement de Tegucigalpa, où des manifestants se sont rassemblés pour exiger un décompte équitable des voix.
