Publié le 2024-02-29 10:32:00. La musicothérapie, reconnue pour ses bienfaits dans le traitement du cancer, peine à s’émanciper d’une approche occidentale, négligeant le potentiel thérapeutique des traditions musicales locales à travers le monde. Des experts plaident pour une plus grande inclusion de ces traditions dans la recherche et la pratique clinique.
- Bien que des études confirment l’efficacité de la musicothérapie dans la lutte contre le cancer, la recherche se concentre majoritairement sur les traditions musicales occidentales.
- Le manque de données probantes concernant les musiques locales entrave une approche véritablement personnalisée de l’oncologie intégrative.
- Sept recommandations politiques sont proposées pour favoriser l’inclusion des traditions musicales du monde entier dans la recherche et les soins.
La musicothérapie (MT) est de plus en plus reconnue comme un complément précieux aux traitements conventionnels du cancer. Des méta-analyses d’essais contrôlés randomisés (ECR) ont démontré son rôle dans l’amélioration du bien-être des patients. Cependant, un biais important persiste : la recherche dans ce domaine reste largement dominée par les traditions musicales occidentales et les études menées dans les pays industrialisés. Cette prédominance limite la capacité de la musicothérapie à offrir une approche véritablement centrée sur le patient, en particulier dans le cadre de l’oncologie intégrative.
Selon les experts, l’ignorance des richesses musicales du reste du monde constitue un obstacle majeur. Des traditions aussi diverses que les ragas indiens, les polyrythmies africaines ou le soufi Qawwali recèlent des propriétés rythmiques, lyriques et émotionnelles potentiellement bénéfiques, mais elles restent largement inexplorées. Ce manque d’attention est dû à plusieurs facteurs, notamment l’absence d’infrastructures de recherche adéquates, le manque de clarté réglementaire et le financement insuffisant.
Les limites méthodologiques des ECR existants sur les musiques locales compliquent également leur intégration dans les méta-analyses et les recommandations cliniques. Pour pallier ces lacunes, des chercheurs proposent sept pistes d’action. Parmi celles-ci figurent la création d’instituts de recherche dédiés à l’étude des musiques locales, le développement de cadres réglementaires nationaux spécifiques, la mise en place de programmes de formation certifiés pour les musicothérapeutes et des campagnes de sensibilisation ciblées.
L’objectif ultime est de faire de la musicothérapie une approche véritablement personnalisée et pertinente à l’échelle mondiale. Cela implique de reconnaître et d’intégrer la pluralité du patrimoine musical mondial, afin que chaque patient puisse bénéficier d’une thérapie adaptée à sa culture et à ses préférences individuelles. Pour que la musicothérapie devienne un outil thérapeutique universellement accessible et efficace, il est impératif de dépasser les frontières culturelles et de valoriser la richesse des traditions musicales du monde entier.
