Publié le 3 décembre 2025. Un essaim de satellites de la NASA, initialement conçu pour étudier l’ionosphère terrestre, a démontré des capacités de suivi spatial et de gestion du trafic orbital supérieures à celles des systèmes existants, ouvrant la voie à une autonomie accrue des engins spatiaux.
- L’essaim Starling de la NASA a surpassé la précision des catalogues de suivi d’objets spatiaux.
- Il a réalisé avec succès la première démonstration d’un système collaboratif de gestion du trafic spatial avec les satellites Starlink de SpaceX.
- Starling a prouvé sa capacité à réagir de manière autonome à des phénomènes scientifiques, réduisant la dépendance aux contrôleurs au sol.
Initialement lancé en juillet 2023 par une fusée Rocket Lab Electron, l’essaim Starling, composé de quatre cubesats de 14 kilogrammes, avait pour objectif principal l’étude de l’ionosphère terrestre. Rapidement, les ingénieurs ont constaté que les caméras embarquées étaient capables de détecter d’autres satellites et débris spatiaux au-delà de l’essaim lui-même. Cette découverte a conduit au développement d’algorithmes optimisés pour maximiser la capacité de Starling à suivre ces objets.
Selon Roger Hunter, responsable du programme technologique des petits engins spatiaux de la NASA, la précision de la détermination de la position de ces objets par Starling était même supérieure à celle des catalogues existants.
« En fait, notre détermination de la précision de la position de ces objets était meilleure que celle des catalogues. »
Roger Hunter, responsable du programme technologique des petits engins spatiaux de la NASA
Il souligne l’opportunité offerte par ce système pour améliorer le suivi spatial, en combinant les observations de Starling avec celles des 18e et 19e escadrons de défense spatiale de l’U.S. Space Force et de LeoLabs.
Le succès de Starling repose sur une combinaison d’innovations en matière de réseaux maillés, de prise de décision indépendante et de navigation basée sur la vision. Ces technologies pourraient à terme permettre à un essaim de dizaines de satellites de fournir des services de localisation, de navigation et de synchronisation sur la Lune. À court terme, la mission Starling continue d’évoluer avec la phase prolongée, Starling 1.5, qui devrait s’achever en décembre 2026.
Dès le début de l’année 2025, les responsables de Starling ont mis à jour le logiciel des satellites pour améliorer leur capacité à partager les responsabilités et à prendre des décisions de manière autonome. Ils ont également testé des stratégies pour éviter les risques de collision entre satellites en manœuvre. En collaboration avec SpaceX, la NASA a conçu un outil de contrôle des conjonctions permettant aux opérateurs de satellites de soumettre des trajectoires, de recevoir des alertes et d’informer les autres de leurs intentions de manœuvre. Starling a ainsi planifié et exécuté de manière autonome des manœuvres pour éviter les satellites de la constellation Starlink.
Cette collaboration a marqué une étape importante :
« Il s’agissait de la première démonstration d’un système collaboratif de gestion du trafic spatial entre deux types différents d’engins spatiaux. »
Roger Hunter, responsable du programme technologique des petits engins spatiaux de la NASA
Un enjeu crucial alors que le trafic en orbite basse s’intensifie et que de nombreux nouveaux satellites sont conçus pour des manœuvres autonomes.
Par ailleurs, les satellites Starling ont démontré leur capacité à réagir à des phénomènes scientifiques avec une intervention minimale des opérateurs au sol. Les récepteurs GPS embarqués détectent les particules chargées, incitant l’essaim à modifier ses orbites pour étudier les régions de densité ionosphérique particulièrement élevée ou faible.
« Les vaisseaux spatiaux peuvent détecter quelque chose, communiquer entre eux et décider comment collecter des informations. »
Roger Hunter, responsable du programme technologique des petits engins spatiaux de la NASA
Hunter conclut que Starling permet de progresser vers une plus grande indépendance par rapport aux centres de contrôle.
Cet article a été publié pour la première fois dans le numéro de décembre 2025 de Magazine SpaceNews.
