Publié le 2024-02-29 14:35:00. Une étude menée auprès de médecins et d’étudiants en médecine turcs révèle un niveau de sensibilisation variable aux perturbateurs endocriniens (PE), ces substances chimiques susceptibles de perturber le système hormonal. Les résultats soulignent la nécessité d’une meilleure formation à la santé environnementale dès les études médicales.
- Les médecins présentent un niveau de sensibilisation aux PE significativement plus élevé que les étudiants en médecine.
- La sensibilisation aux PE est corrélée à l’âge et à une conscience générale de l’importance d’un mode de vie sain.
- Les endocrinologues affichent une connaissance plus approfondie des PE que les autres spécialistes.
Les perturbateurs endocriniens (PE) sont présents dans de nombreux produits de la vie quotidienne et leur impact potentiel sur la santé suscite une préoccupation croissante. La sensibilisation du public et des professionnels de santé est donc primordiale pour limiter l’exposition à ces substances. C’est dans ce contexte qu’une équipe de chercheurs a évalué le niveau de connaissance des PE auprès de futurs et actuels médecins en Turquie.
L’étude, de type transversale, a mobilisé 617 participants : 381 étudiants en médecine et 236 médecins en exercice. Les participants ont répondu à deux questionnaires validés : l’échelle de sensibilisation aux perturbateurs endocriniens (EDCA) et l’échelle de sensibilisation à la vie saine (HLA). Les résultats indiquent que le score médian de sensibilisation générale aux PE était significativement plus élevé chez les médecins (2,87 sur une échelle non précisée) que chez les étudiants (2,12, p < 0,001). De même, le score total moyen de sensibilisation aux PE était plus élevé chez les médecins (3,63) que chez les étudiants (3,4, p < 0,001).
Une analyse plus fine révèle également des différences de sensibilisation en fonction du genre. Les femmes médecins étaient significativement plus conscientes des risques liés aux PE que leurs collègues masculins (3 sur une échelle non précisée contre 2,75, p = 0,027). Par ailleurs, les scores de sensibilisation étaient positivement corrélés à l’âge et à la conscience d’un mode de vie sain, suggérant que l’expérience et l’intérêt pour la santé personnelle contribuent à une meilleure compréhension des PE.
En ce qui concerne les spécialités médicales, les endocrinologues se sont distingués par un niveau de connaissance des PE significativement plus élevé que les autres spécialistes (score total de 3,96 contre 3,59, p = 0,003). Ces résultats mettent en évidence un besoin urgent d’améliorer la formation à la santé environnementale, et plus particulièrement à la question des PE, au sein des cursus de médecine. Les chercheurs soulignent que l’intégration de ces thématiques à différentes étapes de la formation médicale est essentielle pour préparer les futurs médecins à informer et conseiller efficacement leurs patients sur les risques potentiels liés à l’exposition aux PE.
Mots-clés : Santé environnementale ; conscience ; perturbateurs endocriniens ; programme de médecine ; étudiant.
