Home MondeTriple fardeau de la malnutrition chez les enfants et les mères du Ceará, Brésil : une étude transversale

Triple fardeau de la malnutrition chez les enfants et les mères du Ceará, Brésil : une étude transversale

by Clara Dubois

Publié le 16 novembre 2023. Une étude menée dans l’État du Ceará, au Brésil, révèle une prévalence alarmante d’un « triple fardeau de la malnutrition » affectant les jeunes enfants et leurs mères, soulignant l’urgence d’interventions nutritionnelles ciblées.

  • Près de 4 % des couples mère-enfant étudiés présentent ce triple fardeau, caractérisé par la dénutrition infantile, l’anémie chez l’enfant et le surpoids ou l’obésité maternelle.
  • L’âge de l’enfant est un facteur de risque majeur, les bébés de moins de 6 mois et de 6 à 11 mois étant particulièrement vulnérables.
  • Des facteurs environnementaux et comportementaux, tels que le manque de consommation de lait de vache, l’absence de vermifugation, la composition des ménages et l’accès à la garde d’enfants, jouent un rôle significatif.

Cette étude transversale, réalisée en 2023 auprès de 3 200 couples mère-enfant dans l’État du Ceará, au Brésil, met en lumière une situation complexe où la malnutrition se manifeste sous différentes formes au sein d’une même famille. Le « triple fardeau de la malnutrition » (TBM), concept central de cette recherche, désigne la coexistence de la dénutrition infantile (mesurée par des indicateurs de croissance insuffisants), de l’anémie chez les enfants et du surpoids ou de l’obésité maternelle. Les chercheurs ont utilisé des mesures anthropométriques standardisées et des analyses de taux d’hémoglobine pour évaluer la prévalence de ces conditions.

Les résultats indiquent que 3,9 % (intervalle de confiance à 95 % : 3,2-4,6) des couples étudiés sont touchés par le TBM. Plus précisément, 14,6 % (IC 95 % : 13,3-16,0) des enfants présentent une forme de dénutrition, 36,6 % (IC 95 % : 34,5-38,8) souffrent d’anémie et 65,5 % (IC 95 % : 63,7-67,2) des mères sont en surpoids ou obèses. L’étude révèle une forte corrélation entre l’âge de l’enfant et le risque de TBM : les enfants de moins de 6 mois présentent un rapport de cotes (OR) de 3,8 (IC à 95 % : 1,8-8,3, p = 0,001) et ceux âgés de 6 à 11 mois un OR de 5,1 (IC à 95 % : 2,6-10,1, p < 0,001) par rapport aux enfants plus âgés (24 à 71 mois).

Au-delà de l’âge, plusieurs facteurs liés au mode de vie et à l’environnement familial influencent le risque de TBM. L’étude a démontré que le manque de consommation de lait de vache est associé à un risque accru de 2,1 fois (OR ajusté = 2,1 ; IC à 95 % : 1,1-3,8, p = 0,017), tandis que l’absence de vermifugation double quasiment le risque (OR ajusté = 2,4 ; IC à 95 % : 1,5-3,7, p < 0,001). Les conditions de vie jouent également un rôle important : les familles nombreuses (plus de trois enfants) présentent un risque 2,2 fois plus élevé (OR ajusté = 2,2 ; IC à 95 % : 1,4-3,6, p = 0,002) et l'absence de fréquentation d'une garderie est associée à un risque 3,2 fois plus élevé (OR ajusté = 3,2 ; IC à 95 % : 1,8-5,7, p < 0,001).

Les facteurs liés à la mère ne sont pas en reste. La possession d’une carte de grossesse est associée à une réduction du risque (OR ajusté = 3,2 ; IC à 95 % : 1,5-6,7, p = 0,002), suggérant l’importance d’un suivi prénatal adéquat. Cependant, le tabagisme maternel augmente le risque de TBM de 2,1 fois (OR ajusté = 2,1 ; IC à 95 % : 1,1-4,0, p = 0,024). Ces résultats soulignent la nécessité d’une approche globale et intégrée pour lutter contre la malnutrition, en ciblant à la fois les habitudes alimentaires, l’accès aux soins de santé et les conditions de vie des populations vulnérables.

Les chercheurs insistent sur l’importance d’interventions nutritionnelles précoces et de politiques publiques adaptées pour briser ce cercle vicieux et assurer un avenir plus sain aux enfants du Ceará et au-delà.

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