Publié le 31 octobre 2025 15:56:00. YPF, la compagnie pétrolière argentine, a sécurisé 1,2 milliard de dollars de financement international pour développer ses exportations de Vaca Muerta et accélérer son projet de gaz naturel liquéfié (GNL), dans un contexte de reprise des investissements étrangers après les récentes élections.
- YPF a conclu un prêt syndiqué de 700 millions de dollars américains (USD) et émis des obligations négociables supplémentaires pour 500 millions USD.
- Ces financements soutiendront le développement de Vaca Muerta, une importante réserve de gaz non conventionnel, et le projet GNL de l’entreprise.
- L’intérêt de la Compagnie pétrolière nationale d’Abu Dhabi (ADNOC) pour rejoindre le projet GNL porté par YPF est en cours de finalisation.
La récente victoire de Javier Milei aux élections législatives argentines a contribué à rétablir la confiance des investisseurs et à faciliter le retour des placements de dette à l’étranger. Ces injections de capitaux sont cruciales pour permettre au Trésor argentin de reprendre ses achats de titres, une nécessité face aux engagements financiers des derniers mois.
Le premier volet de ce financement prend la forme d’un prêt syndiqué de 700 millions USD, finalisé le 23 octobre 2025. YPF a agi en tant qu’emprunteur, avec Banco Bilbao Vizcaya Argentaria SA (BBVA), Banco Latinoamericano de Comercio Exterior SA (Bladex), Banco Santander SA, Itaú Unibanco SA Nassau Branch et Citibank NA (en tant qu’agent administratif et de garantie) jouant un rôle d’organisateurs principaux. Selon Cleary Gottlieb, cette ligne de crédit, garantie par les droits de recouvrement sur les exportations, est structurée comme une « facilité de pré-exportation » sur trois ans et servira à financer les exportations et le fonds de roulement de l’entreprise. Bladex souligne que cette opération témoigne du soutien et de la confiance du marché envers YPF et le potentiel du secteur énergétique argentin.
En parallèle, YPF a réalisé une émission supplémentaire d’obligations négociables pour un montant de 500 millions USD, qui sera réglée début novembre dans le cadre du régime simplifié des émetteurs fréquents autorisé par la Commission nationale des valeurs mobilières. Ces obligations, arrivant à échéance le 11 septembre 2031, porteront un taux d’intérêt annuel fixe de 8,75 % et seront remboursées en trois annuités à partir de 2029.
Les fonds obtenus grâce à ces opérations seront principalement alloués au préfinancement des exportations, au renforcement du fonds de roulement et, plus important encore, à la promotion de Vaca Muerta et du projet GNL mené par YPF. Ce financement permettra à l’entreprise de progresser dans la chaîne de valeur du gaz et de positionner l’Argentine comme un acteur majeur sur le marché mondial des exportations d’énergie.
Vaca Muerta, située dans le bassin de Neuquén, abrite la deuxième plus grande réserve de gaz non conventionnel au monde et la quatrième plus grande réserve de pétrole. Son développement est essentiel pour l’autonomie énergétique de l’Argentine et son ambition de devenir un exportateur important, tant au niveau régional qu’international. Le projet GNL, qui vise à transformer le gaz de Vaca Muerta en un produit exportable à grande échelle, représente un moteur de croissance économique, de création d’emplois et d’attraction d’investissements.
Selon des informations rapportées par Infobae, la Compagnie pétrolière nationale d’Abu Dhabi (ADNOC) s’intéresse de près au projet GNL porté par YPF, un consortium qui comprend également ENI et Shell. L’accord devrait être finalisé prochainement.
Horacio Marín, président d’YPF, participera la semaine prochaine à Adipec, un événement majeur qui se tiendra aux Émirats arabes unis, où il rencontrera les autorités d’ADNOC, l’une des quatre plus grandes compagnies pétrolières publiques au monde.
L’objectif est de réunir les quatre compagnies pétrolières – YPF, Shell, ENI et ADNOC – dans une initiative visant à produire entre 12 et 18 millions de mètres cubes de GNL grâce à des unités flottantes situées sur les côtes du Río Negro. Des sources du secteur indiquent que l’ajout d’un cinquième participant reste une possibilité, avec des discussions en cours avec l’entreprise américaine Exxon Mobil, qui pourrait assumer le rôle d’acheteur, voire s’intégrer au consortium.
