Publié le 17 janvier 2024 02:20:00. Les États-Unis ont achevé les premières ventes de pétrole vénézuélien dans le cadre d’un accord énergétique visant à stabiliser le Venezuela, une initiative controversée qui pourrait remodeler les relations entre les deux pays et influencer le marché pétrolier régional.
- Les premières ventes de pétrole vénézuélien, pour une valeur estimée à 500 millions de dollars, ont été finalisées et les fonds sont détenus sur des comptes contrôlés par le Trésor américain.
- L’accord, négocié après des années de sanctions, prévoit la vente de jusqu’à 50 millions de barils de pétrole vénézuélien à des raffineries américaines.
- Le Qatar joue un rôle de médiateur neutre dans la gestion des fonds, sous la supervision des États-Unis.
Les États-Unis ont finalisé les premières transactions commerciales de pétrole vénézuélien dans le cadre d’un accord de 2 milliards de dollars conclu début janvier avec Caracas, a révélé mercredi un responsable américain à l’agence Reuters. D’autres opérations sont prévues dans les jours et semaines à venir, selon la même source.
Selon une ordonnance rendue publique vendredi, les revenus de ces premières ventes, s’élevant à environ 500 millions de dollars, sont actuellement bloqués sur des comptes bancaires sous contrôle du gouvernement américain. Le principal compte se trouve au Qatar, un pays qui sert de lieu neutre pour la gestion de ces fonds, sous la supervision des États-Unis et à l’abri de toute saisie potentielle, a précisé une source industrielle proche du dossier.
L’information sur la finalisation de ces ventes avait été initialement rapportée par le média spécialisé Rigzone.
L’administration Trump avait annoncé en octobre dernier la vente de 30 à 50 millions de barils de pétrole vénézuélien en collaboration avec des entreprises américaines. Taylor Rogers, porte-parole de la Maison Blanche, avait qualifié cette initiative d’« accord énergétique historique avec le Venezuela qui profitera aux peuples américain et vénézuélien ». L’équipe de Trump s’était engagée à faciliter les négociations avec les compagnies pétrolières désireuses d’investir dans la restauration de l’infrastructure pétrolière vénézuélienne.
« Ce matin, j’ai eu une excellente conversation téléphonique avec la présidente par intérim du Venezuela, Delcy Rodríguez. Nous faisons des progrès extraordinaires tout en aidant le Venezuela à se stabiliser et à se redresser. »
Donald Trump, Président des États-Unis (via son réseau Truth Social)
Dans son message sur Truth Social, Donald Trump a également évoqué les sujets abordés lors de cet échange international : « De nombreuses questions ont été abordées, comme le pétrole, les minéraux, le commerce et, bien sûr, la sécurité nationale. Cette alliance entre les États-Unis et le Venezuela sera spectaculaire pour tout le monde. Le Venezuela sera bientôt à nouveau grand et prospère, peut-être plus que jamais ! »
La semaine dernière, Donald Trump avait rencontré des dirigeants d’entreprises du secteur pétrolier et présenté une stratégie visant à vendre des millions de barils de pétrole vénézuélien sanctionné, tout en contrôlant les bénéfices et en encourageant les investissements américains pour relancer les infrastructures du pays.
Selon le gouvernement américain, les revenus générés par ces ventes seront répartis entre les Vénézuéliens, les entreprises américaines et le gouvernement fédéral, ce dernier ayant le pouvoir discrétionnaire de décider de l’allocation des fonds destinés au Venezuela, qui ne pourront être utilisés que pour l’achat de produits fabriqués aux États-Unis.
« Ils connaissent les risques »,
Donald Trump, Président des États-Unis
Donald Trump a reconnu les risques encourus par les compagnies pétrolières américaines, mais a assuré qu’elles recevraient le soutien nécessaire pour mener à bien leurs projets.
Les États-Unis maintiennent des sanctions strictes sur le pétrole vénézuélien dans le cadre de leurs efforts pour promouvoir des réformes politiques et économiques dans ce pays sud-américain.
Darren Woods, PDG d’ExxonMobil, a rappelé que les actifs de son entreprise avaient été nationalisés à deux reprises au Venezuela et a souligné que tout retour dans le pays nécessiterait des changements significatifs par rapport à la situation actuelle, notamment en matière de système juridique et de structure commerciale. Il a décrit le Venezuela comme un pays « impossible à investir » tant que ces réformes ne seraient pas mises en œuvre, selon des propos rapportés par CNN.
Cette semaine, du pétrole brut vénézuélien a été proposé aux raffineries américaines de la côte du Golfe à un prix supérieur à celui des barils canadiens concurrents, selon deux opérateurs du secteur, cités par Reuters. Le brut vénézuélien Merey-16 a été proposé pour livraison sur la côte du Golfe avec une décote d’environ 6 dollars le baril par rapport aux contrats à terme sur le Brent, tandis que West Canadian Select à Houston s’est réglé mardi avec une décote d’environ 12,50 dollars par rapport au Brent.
Les sociétés de commerce Vitol et Trafigura ont conclu des accords la semaine dernière avec le gouvernement américain pour collaborer à la commercialisation du pétrole vénézuélien stocké, quelques jours après que le gouvernement intérimaire de Caracas ait autorisé l’exportation de jusqu’à 50 millions de barils de pétrole brut vers les États-Unis.
