Publié le 10 novembre 2025 à 05h02. Près de 800 millions de personnes dans le monde souffrent d’une maladie rénale chronique, un chiffre en augmentation constante depuis 1990, selon une étude récente. La Chine et l’Inde sont les pays les plus touchés, mais le problème est mondial et lié à des facteurs de risque de plus en plus prévalents.
- Le nombre d’adultes atteints de maladie rénale chronique (MRC) a plus que doublé depuis 1990, atteignant près de 800 millions de personnes dans le monde en 2023.
- La MRC est désormais la 9e cause de décès mondiale et la 12e cause d’invalidité, avec un taux de mortalité qui continue d’augmenter.
- Le diabète, l’hypertension artérielle et l’obésité sont les principaux facteurs de risque de MRC, mais l’alimentation joue également un rôle important.
Une nouvelle étude, publiée dans la revue The Lancet et issue de l’étude Global Burden of Disease (GBD) 2023, révèle l’ampleur croissante de la maladie rénale chronique à l’échelle mondiale. L’étude, menée par une équipe de l’Institute for Health Metrics and Evaluation (IHME) de l’Université de Washington, en collaboration avec la Grossman School of Medicine de l’Université de New York et l’Université de Glasgow, a analysé 2 230 sources de données pour évaluer le fardeau de l’insuffisance rénale chronique, tant en termes de mortalité que de morbidité.
En 2023, la MRC a été responsable de près de 1,5 million de décès dans le monde. Contrairement à la plupart des autres causes de décès majeures, le taux de mortalité standardisé selon l’âge dû à la MRC est en augmentation, passant de 24,9 pour 100 000 personnes en 1990 à 26,5 pour 100 000 personnes en 2023. Cette tendance inquiétante souligne l’urgence d’une action globale.
La Chine et l’Inde sont les pays les plus touchés par la MRC, avec respectivement 152 millions et 138 millions de personnes atteintes en 2023. Cependant, la maladie est également répandue dans de nombreux autres pays, notamment aux États-Unis, en Indonésie, au Japon, au Brésil, en Russie, au Mexique, au Nigéria, au Pakistan, au Bangladesh, en Iran, aux Philippines, au Vietnam, en Thaïlande et en Turquie, chacun d’eux comptant plus de 10 millions d’adultes vivant avec une MRC.
L’étude met également en évidence le lien étroit entre la MRC et les maladies cardiovasculaires. En 2023, l’insuffisance rénale représentait près de 12 % des décès cardiovasculaires dans le monde, se classant au septième rang des facteurs de risque de mort cardiaque, devant le diabète et l’obésité.
« La maladie rénale chronique est une crise sanitaire mondiale qui continue de s’aggraver, mais la plupart de ses impacts peuvent être évités. Réduire le taux de mortalité est très important pour atteindre l’objectif de l’OMS, à savoir réduire d’un tiers les décès prématurés dus à des maladies non transmissibles avant 2030. »
Lauryn Stafford, chercheuse à l’IHME
Quatorze facteurs de risque détaillés de MRC ont été identifiés, le diabète, l’hypertension artérielle et l’obésité étant les principaux contributeurs à la perte d’années de vie en bonne santé. Des facteurs alimentaires, tels qu’une faible consommation de fruits et légumes et une consommation élevée de sodium, y contribuent également de manière substantielle.
« L’insuffisance rénale chronique est un facteur de risque majeur pour d’autres causes majeures de déclin de la santé et un fardeau important de morbidité. Cependant, elle reçoit toujours moins d’attention politique que d’autres maladies non transmissibles, même si son impact augmente plus rapidement dans les régions qui sont déjà confrontées aux plus grandes disparités en matière de santé. »
Dr. Theo Vos, auteur principal et professeur émérite de l’IHME
Les chercheurs soulignent la nécessité d’une plus grande sensibilisation à la MRC et de la mise en œuvre de stratégies de prévention efficaces, notamment la gestion du diabète et de l’hypertension artérielle, ainsi que la promotion d’une alimentation saine.
