Publié le 26 novembre 2025 à 17h16. Une nouvelle étude révèle que la composition corporelle, et plus précisément le rapport entre la masse musculaire et la graisse abdominale, pourrait jouer un rôle crucial dans la protection contre la démence.
- Les personnes ayant une masse musculaire importante et peu de graisse viscérale (graisse abdominale cachée) présentent un cerveau d’apparence plus jeune.
- La graisse viscérale, contrairement à la graisse sous-cutanée, est associée à un vieillissement cérébral accéléré.
- L’étude, menée sur plus de 1 160 participants, a utilisé l’imagerie par résonance magnétique (IRM) pour évaluer la composition corporelle et l’âge du cerveau.
Si l’importance d’un mode de vie sain pour prévenir la démence est bien établie, les chercheurs de la faculté de médecine de l’Université de Washington ont découvert un facteur supplémentaire : la morphologie. Leur travail suggère que certaines configurations corporelles pourraient offrir une protection accrue contre les maladies neurodégénératives.
L’obésité est depuis longtemps reconnue comme un facteur de risque pour le diabète, et des études ont également établi un lien avec la démence. Cependant, cette nouvelle recherche met en lumière l’importance de la qualité de la masse grasse. Il ne s’agit pas tant du poids total que de la répartition de la graisse dans le corps.
L’étude se concentre sur la graisse viscérale, une graisse abdominale « cachée » qui s’accumule profondément dans la cavité abdominale, autour des organes. Elle est différente de la graisse sous-cutanée, celle que l’on peut pincer avec les doigts. Une personne peut donc paraître mince en apparence, tout en ayant un taux élevé de graisse viscérale. Les individus présentant une combinaison de graisse viscérale et d’une faible masse musculaire sont considérés comme plus vulnérables au développement de la démence.
Pour cette étude, les IRM de 1 164 personnes en bonne santé, d’environ 55 ans, ont été analysées. L’IRM permet de visualiser la graisse viscérale, invisible à l’œil nu. Les résultats ont révélé une corrélation entre des niveaux élevés de graisse abdominale cachée, une faible masse musculaire et un âge cérébral plus avancé. Aucune association similaire n’a été observée avec la graisse sous-cutanée.
« Les participants ayant plus de muscles avaient tendance à avoir un cerveau d’apparence plus jeune, tandis que ceux ayant plus de graisse abdominale cachée par rapport à leurs muscles avaient un cerveau d’apparence plus âgée »,
Dr Cyrus Raji, chercheur
Le Dr Raji explique qu’une meilleure santé cérébrale réduit à son tour le risque de maladies cérébrales futures, telles que la maladie d’Alzheimer. Cette découverte souligne l’importance de maintenir une bonne composition corporelle, en privilégiant le développement de la masse musculaire et en limitant l’accumulation de graisse viscérale.
En complément de cette morphologie favorable, d’autres habitudes de vie, comme la pratique régulière d’une activité physique quotidienne, peuvent également contribuer à protéger contre la démence.

