Publié le 27 août 2025 10:32:00. Une nouvelle approche thérapeutique pourrait permettre aux femmes d’âge mûr de prolonger leur fenêtre de fertilité en réduisant les dommages génétiques liés au vieillissement des ovules, offrant ainsi une alternative à l’utilisation d’ovocytes donnés.
- Un médicament, appelé Lyvanta, a démontré une réduction de 84 % des dommages génétiques dans les ovules de souris plus âgées.
- La technique consiste à collecter des ovules immatures et à les traiter avec Lyvanta avant de les faire mûrir en laboratoire pour une fécondation in vitro (FIV).
- Cette approche pourrait également réduire le stress physique et psychologique lié aux injections hormonales traditionnelles utilisées pour stimuler la maturation des ovules.
Des chercheurs d’U-Ploid Biotechnologies ont mis au point un traitement prometteur qui pourrait révolutionner la manière dont la fertilité est préservée chez les femmes. Le Dr Jordan Abdi, cofondateur de l’entreprise, souligne l’importance de cette avancée :
« Il y a encore beaucoup de travail à faire, mais le potentiel est très excitant. Nous espérons qu’il sera transformateur. »
Dr Jordan Abdi, cofondateur d’U-Ploid Biotechnologies
Le processus naturel de maturation des ovules est complexe. Les femmes naissent avec une réserve d’ovules immatures, qui ne mûrissent que pendant le cycle d’ovulation. Cependant, avec l’âge, la qualité de ces ovules diminue, augmentant le risque d’erreurs lors de la maturation. Ces erreurs peuvent entraîner des dommages au matériel génétique, rendant la fécondation difficile ou conduisant à des fausses couches. L’objectif de cette nouvelle thérapie est de prévenir ces dommages.
Actuellement, les femmes de plus de 42 ans confrontées à des difficultés de conception ont souvent recours au don d’ovocytes, une option qui peut être émotionnellement difficile. Selon le Dr Abdi :
« Nous avons compris [le mécanisme scientifique] de ce problème depuis une décennie, mais nous n’avons jamais pu l’éviter auparavant. Tant que les femmes ont encore des ovules, ceux-ci peuvent être traités. Cela pourrait prolonger la fenêtre de reproduction d’une femme jusqu’à la ménopause. »
Dr Jordan Abdi, cofondateur d’U-Ploid Biotechnologies
Cette nouvelle approche pourrait changer la donne.
Le traitement consiste à collecter des ovules immatures, puis à les injecter avec Lyvanta, en utilisant des techniques similaires à celles employées dans les cliniques de FIV pour injecter du sperme. Le médicament agit comme un stabilisateur, maintenant l’intégrité du matériel génétique pendant la maturation. Les ovules sont ensuite amenés à maturation en laboratoire avant d’être utilisées dans un cycle de FIV.
Les premiers résultats, présentés lors de la conférence de l’American Society for Reproductive Medicine en octobre dernier, sont encourageants. Les tests sur des souris ont révélé une réduction de 84 % des dommages génétiques dans les ovules plus âgés. Cependant, le Dr Abdi insiste sur le fait que le traitement en est encore à ses débuts en ce qui concerne les ovules humaines et qu’il n’a pas encore reçu d’approbation pour une utilisation clinique. Des essais sur des patientes sont envisagés dès l’année prochaine. Il est également important de noter que cette approche pourrait réduire le recours aux médicaments hormonaux, souvent associés à des effets secondaires et à un stress important pour les patientes.
La baisse de la fertilité est un sujet de préoccupation croissant, et cette nouvelle thérapie pourrait offrir une solution prometteuse pour de nombreuses femmes.
