Une Ferrari Testarossa des années 1980, transformée en un véhicule 6×6 surpuissant, est au cœur d’une amère dispute entre deux ateliers de personnalisation automobile. Le projet, initialement collaboratif, est désormais embourbé dans des accusations de mauvaise qualité, de non-respect des délais et de différends financiers.
Au cœur de la controverse se trouve la Ferrari Testarossa, un modèle emblématique des années 1980, modifiée de manière spectaculaire par Gas Monkey Garage, dirigé par Richard Rawlings, et Danton Art Kustoms, un atelier français spécialisé. L’objectif initial était de créer une voiture unique, dotée d’une configuration 6×6 et d’un moteur V8 suralimenté développant environ 1 500 chevaux (1 200 ch). Rawlings avait même annoncé son ambition de créer « la Ferrari 6×6 la plus cool et la plus rapide du monde ».
Cependant, le projet est actuellement inachevé. Rawlings a publiquement reconnu que la voiture nécessitait encore d’importants travaux de finition avant de pouvoir être présentée aux enchères, notamment lors du salon SEMA et chez Barrett-Jackson.
Le conflit a éclaté après que Alex Danton, de Danton Art Kustoms, ait publiquement accusé Rawlings de « voler » son travail et de ne pas avoir réglé les dépenses engagées pour les premières étapes de la construction en France. Danton a même exprimé le souhait que le projet soit « détruit ».
Rawlings a fermement réfuté ces accusations, affirmant que Danton n’avait pas respecté les délais convenus et que la qualité de la carrosserie, notamment la peinture et l’alignement des panneaux, était insatisfaisante. Il a souligné que le travail de Danton s’éloignait de la vision initiale du projet et nécessitait des modifications importantes.
Cette collaboration sur la Ferrari 6×6 faisait suite à un précédent projet réussi, un Humvee à six roues vendu aux enchères pour environ 400 000 $ (environ 370 000 €). Cependant, les différences de méthodes de travail et d’attentes ont rapidement conduit à des tensions.
À ce stade, Gas Monkey Garage a repris le contrôle du projet, renforçant la structure de la carrosserie et appliquant une nouvelle peinture rouge. L’équipe s’efforce désormais de finaliser la voiture pour la présenter aux enchères Barrett-Jackson en 2025, espérant ainsi apaiser la controverse et démontrer la valeur du véhicule.
L’affaire met en lumière le choc entre l’approche artistique de Danton, qualifiée de « brutaliste », et la stratégie commerciale axée sur le divertissement de Rawlings. Cette rare personnalisation automobile est devenue le symbole des conflits qui peuvent surgir lors de collaborations créatives.
