Publié le 1er janvier 2026 à 05h07. L’année 2025 a été marquée par une succession d’événements inattendus à la Chambre des représentants des Philippines, entre changements de leadership, révélations de corruption et l’émergence de nouvelles figures contestataires.
- Deux présidents ont dirigé la Chambre des représentants au cours de l’année.
- Un scandale de corruption impliquant des projets de contrôle des inondations a secoué le gouvernement et conduit à des démissions.
- De jeunes législateurs ont défié les normes établies et dénoncé la corruption, suscitant la controverse.
L’année 2025 a été une période de transition et de turbulence pour la Chambre des représentants des Philippines. Le mandat a été marqué par deux changements de présidence, des accusations de corruption et l’émergence de voix dissidentes au sein de l’institution.
Le représentant Martin Romualdez, du parti Lakas-CMD, a débuté l’année en tant que président de la Chambre, assurant la continuité avec le 19e Congrès et agissant comme un allié clé du président Marcos. Il a remporté un second mandat le 28 juillet pour lancer le 20e Congrès, mais a démissionné le 17 septembre dans un contexte de scandale. Cette décision visait à permettre à des organismes indépendants, comme la Commission indépendante pour les infrastructures (ICI), de mener des enquêtes sans entrave sur les allégations de corruption liées à des projets de contrôle des inondations.
Faustino “Bojie” Dy III, représentant du 6e district d’Isabela et membre du Parti fédéral des Philippines (PFP), a succédé à Romualdez. Conscient de l’érosion de la confiance du public envers les législateurs, Dy a promis une plus grande transparence, notamment dans le processus budgétaire, afin de tenter de restaurer la crédibilité de la Chambre.
Parallèlement à ces changements de leadership, deux jeunes représentants, Francisco “Kiko” Barzaga et Leandro Legarda Leviste, ont fait irruption sur la scène politique en adoptant une attitude résolument contestataire. Contrairement aux “Young Guns” du passé, qui servaient de porte-parole au bloc majoritaire, Barzaga et Leviste ont choisi de remettre en question les normes établies, de dénoncer ouvertement la corruption et de critiquer leurs collègues plus expérimentés. Barzaga, surnommé “Congressmeow”, s’est illustré par ses déclarations incendiaires contre le gouvernement et ses appels à un soulèvement public, ce qui lui a valu une suspension de 60 jours en décembre suite à une plainte éthique.
Leviste, quant à lui, a gagné la reconnaissance du public en refusant des pots-de-vin d’un ingénieur du ministère des Travaux publics et de la Voirie (DPWH) et en le faisant arrêter. Il a ensuite critiqué le secrétaire du DPWH, Vince Dizon, et dénoncé des irrégularités dans le budget national, publiant même des documents budgétaires sur sa page Facebook, ce qui a suscité une nouvelle plainte éthique.
Le scandale de corruption lié aux projets de contrôle des inondations a été l’un des événements marquants de l’année. Le président Marcos lui-même a évoqué cette affaire dans son discours sur l’état de la nation (SONA) du 28 juillet, promettant une enquête approfondie. L’enquête menée par la Chambre, via le Comité des infrastructures (Infracom), a été interrompue suite à l’intervention de l’ICI. Cinq mois après le SONA, l’indignation publique persiste et le gouvernement est toujours à la recherche des responsables.
L’affaire a également conduit à la démission de Zaldy Co, représentant du parti Ako Bicol et président de la commission des crédits au cours du 19e Congrès, qui s’est exilé à l’étranger.
Un autre épisode notable a été la tentative de destitution de la vice-présidente Sara Duterte, initiée par la Chambre des représentants le 5 février. Une plainte contenant sept chefs d’accusation, dont la conspiration pour assassiner le président Marcos et la malversation de fonds, a été signée par au moins 215 représentants. Cependant, le Sénat, chargé de mener le procès en destitution, a tardé à agir et le processus a perdu de son élan après les élections de mi-mandat. La Cour suprême a finalement déclaré la procédure inconstitutionnelle en juillet, mettant fin à cette saga.
Malgré ces turbulences, l’appel à la transparence qui a suivi le scandale de la corruption a conduit à des améliorations dans le processus budgétaire, avec l’abolition du “petit comité” sur le projet de loi de crédits généraux (GAB) et la retransmission en direct des auditions de la commission de la Conférence bicamérale sur le budget.
