Publié le 24 septembre 2024 à 16h08. Le Fonds monétaire international (FMI) prévoit un ralentissement de la réduction de la dette publique des Philippines, malgré une croissance économique attendue, et met en garde contre l’efficacité limitée d’une amnistie fiscale générale proposée par le gouvernement.
- Le FMI anticipe que le ratio dette/PIB des Philippines ne descendra pas en dessous de 60 % avant 2030.
- L’organisation internationale doute de l’impact significatif de l’amnistie fiscale sur les recettes publiques.
- Des réformes fiscales et des mesures de contrôle des dépenses sont jugées nécessaires pour assurer la soutenabilité de la dette à long terme.
Selon le dernier rapport du FMI, la dette publique des Philippines devrait diminuer progressivement pour atteindre environ 60 % du produit intérieur brut (PIB) d’ici 2030, soit deux ans après la fin du mandat de l’administration Marcos Jr. Cette baisse serait portée par une croissance économique plus rapide que le coût de l’emprunt.
Le FMI souligne que le contrôle des dépenses publiques sera crucial pour atteindre cet objectif, en l’absence de nouvelles mesures fiscales significatives. L’organisation recommande notamment d’améliorer l’efficacité de la collecte de la taxe sur la valeur ajoutée (TVA) de 12 %, d’augmenter les droits d’accise sur les produits nocifs pour la santé et de revoir les exonérations de TVA sur l’immobilier afin de rendre le système fiscal plus équitable.
Les projections du FMI sont plus prudentes que celles du gouvernement philippin, qui prévoit un ratio dette/PIB de 60,3 % en 2028, de 59,5 % en 2029 et de 52,5 % en 2030. Fin 2023, ce ratio s’élevait à 60,7 %.
L’organisation basée à Washington s’est également exprimée sur la proposition d’une amnistie fiscale générale (GTA), actuellement à l’étude. Le FMI craint que cette mesure n’encourage pas la conformité fiscale à long terme. Il estime que les contribuables pourraient être tentés d’attendre la prochaine amnistie pour régulariser leur situation, plutôt que de se conformer aux règles fiscales en vigueur.
Le FMI privilégie la mise en œuvre de « programmes de divulgation volontaire », qui permettent aux contribuables de se déclarer et de corriger les erreurs ou omissions dans leurs déclarations fiscales, moyennant des pénalités réduites. Ces programmes sont considérés comme une alternative plus efficace pour améliorer la conformité fiscale sur le long terme.
Le ministère des Finances (DOF) estime que la prochaine GTA pourrait couvrir les impôts sur le revenu de 2007 à 2023, s’inspirant d’une amnistie similaire mise en œuvre en 2007, qui avait généré environ 5,9 milliards de pesos philippins. Le gouvernement espère que cette nouvelle amnistie encouragera la conformité volontaire et permettra de collecter davantage de recettes fiscales.
Par ailleurs, le FMI met en garde contre les risques budgétaires liés au système de retraite du personnel militaire et en uniforme (MUP). Il recommande une réforme de ce système, en introduisant un régime contributif plutôt que de dépendre uniquement du financement public. Cette réforme pourrait permettre de mieux maîtriser les coûts du personnel et la croissance des dépenses de retraite.
Le FMI suggère également de suspendre les augmentations de retraite liées aux salaires actuels du personnel militaire. L’équipe économique de l’administration Marcos Jr. avait déjà averti que le système de retraite du MUP représentait un risque budgétaire croissant, avec des passifs non capitalisés atteignant au moins 9 600 milliards de pesos philippins en 2023.
Le Comité interinstitutionnel de coordination du budget de développement (DBCC) a souligné que sans réformes, le système de retraite du MUP pourrait peser de plus en plus lourdement sur le budget national. Des propositions antérieures, telles que le relèvement de l’âge de la retraite ou la création d’un système de retraite distinct pour les nouveaux entrants, n’ont toutefois pas été adoptées au cours des trois dernières administrations.
