Publié le 6 janvier 2026 à 13h00. Malgré des avancées notables en matière de préparation aux pandémies et d’élimination de certaines maladies, l’état de la santé mondiale en 2025 est marqué par des inégalités persistantes, des coupes budgétaires et des défis croissants pour les populations les plus vulnérables.
- L’adoption de l’Accord sur les pandémies par les États membres de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) représente une étape cruciale pour renforcer la préparation mondiale face aux futures crises sanitaires.
- Les progrès en matière de vaccination, notamment contre la rougeole, le paludisme et le virus du papillome humain, continuent de sauver des millions de vies chaque année.
- L’accès aux soins de santé reste inégal, avec plus d’une personne sur quatre confrontée à des difficultés financières liées aux dépenses de santé et 4,6 milliards de personnes n’ayant toujours pas accès aux services de base.
L’année 2025 a été marquée par un regain d’attention sur la coopération internationale en matière de santé, confrontée à des défis sans précédent tels que la dette, la réduction de l’aide et les urgences climatiques. L’OMS souligne que la solidarité et la science sont essentielles pour progresser et protéger la santé de tous, partout dans le monde.
L’adoption de l’Accord sur les pandémies par les États membres, ainsi que l’entrée en vigueur des amendements au Règlement sanitaire international, qui incluent un nouveau niveau d’alerte « urgence pandémique », constituent des avancées majeures. Ces mesures visent à renforcer la coopération mondiale et à mieux préparer le monde face aux menaces futures. De plus, les gouvernements ont démontré leur soutien en augmentant leurs contributions au budget de base de l’OMS, assurant ainsi un financement durable de ses actions.
Actuellement, les pays négocient le système d’accès aux agents pathogènes et de partage des avantages dans le cadre de l’Accord sur la pandémie. L’objectif est de garantir un échange rapide des agents pathogènes et des données génétiques, ainsi qu’un accès équitable aux vaccins, aux diagnostics et aux traitements. L’OMS espère que ce processus sera achevé en mai, permettant ainsi l’entrée en vigueur de l’accord en tant qu’instrument de droit international.
« La science compte. Les données comptent. Et la confiance compte. »
Au-delà de la préparation aux pandémies, l’OMS a continué à promouvoir la santé publique dans divers domaines. L’organisation a confirmé l’efficacité des vaccins pour réduire la mortalité et a publié des recommandations sur des innovations telles que l’injection de lénacapavir pour prévenir le VIH et les analogues du GLP-1 pour traiter l’obésité. L’OMS a également répondu aux crises humanitaires à Gaza, au Soudan et en Ukraine, et a aidé les pays à progresser vers une couverture sanitaire universelle grâce à des solutions adaptées et un financement durable.
L’Assemblée générale des Nations Unies a adopté une déclaration politique historique visant à lutter contre les maladies non transmissibles et les problèmes de santé mentale, les principales causes de décès et de morbidité dans le monde. Parallèlement, l’OMS et ses partenaires ont renforcé la sécurité, l’efficacité et l’utilisation des vaccins, reconnaissant leur rôle essentiel dans la protection de la santé publique. La vaccination continue d’être l’une des interventions de santé publique les plus efficaces de l’histoire, sauvant des millions de vies chaque année. Depuis 2000, les décès dus à la rougeole ont diminué de 88 %, et des vaccins contre le paludisme sont désormais administrés dans 24 pays africains. 86 millions de filles ont été vaccinées contre le virus du papillome humain pour prévenir le cancer du col de l’utérus.
En 2025, l’OMS a également salué les progrès significatifs dans l’élimination de certaines maladies. Les Maldives sont devenues le premier pays à éliminer la transmission mère-enfant du VIH, de la syphilis et de l’hépatite B. Le Burundi, l’Égypte et les Fidji ont éliminé le trachome, tandis que la Guinée et le Kenya ont éliminé la maladie du sommeil. Le Niger est devenu le premier pays africain à éliminer l’oncocercose, le Brésil a éliminé la transmission mère-enfant du VIH, et la Géorgie, le Suriname et le Timor oriental ont été certifiés pays exempts de paludisme.
Des progrès notables ont également été réalisés dans la lutte contre l’obésité, l’un des problèmes de santé publique à la croissance la plus rapide au monde. L’OMS a publié ses premières lignes directrices sur le traitement de l’obésité avec des analogues du GLP-1, reconnaissant la nécessité de soins complets et à long terme. L’organisation souligne que les médicaments, utilisés de manière responsable et équitable, peuvent contribuer à réduire la souffrance et à améliorer la qualité de vie.
Les technologies numériques, telles que l’intelligence artificielle et la génomique, transforment également les soins de santé. En 2026, l’OMS continuera d’aider les pays à intégrer ces innovations dans leurs systèmes de santé et à les transformer en solutions évolutives. Des initiatives telles que l’autosurveillance numérique de la tension artérielle des femmes enceintes démontrent le potentiel de l’innovation pour renforcer les soins primaires et améliorer l’accès aux soins, en particulier dans les zones rurales et isolées.
« Plus d’une personne sur quatre est confrontée à des difficultés financières en raison des dépenses de santé, et 4,6 milliards de personnes n’ont toujours pas accès aux services de base. »
La couverture sanitaire universelle reste un objectif primordial. Bien que l’accès aux services de santé et à la protection financière se soit amélioré pour environ un tiers de la population mondiale depuis 2000, les progrès sont au point mort. Plus d’une personne sur quatre est confrontée à des difficultés financières en raison des dépenses de santé, et 4,6 milliards de personnes n’ont toujours pas accès aux services de base. L’OMS insiste sur la nécessité d’inverser cette tendance.
En 2025, l’OMS a apporté son soutien à 48 situations d’urgence dans 79 pays, touchant plus de 30 millions de personnes. Ces interventions ont été menées dans un contexte de risques croissants et de coupes drastiques de l’aide sanitaire étrangère, qui pourraient se prolonger en 2026. Les actions de l’OMS ont inclus des campagnes de vaccination contre le choléra au Soudan et l’évacuation de personnes blessées de Gaza pour qu’elles reçoivent des soins à l’étranger. L’OMS continuera de travailler avec ses partenaires pour atténuer les souffrances des populations touchées par les crises, tout en rappelant que les soins de santé doivent être respectés en toutes circonstances.
« En 2026, nous devons donner la priorité à notre santé collective pour garantir une couverture universelle et la santé de tous. »
L’année 2025 a démontré la résilience de la communauté mondiale de la santé et la force de la collaboration. L’adoption de l’Accord sur la pandémie et les progrès dans l’élimination de certaines maladies témoignent de cette capacité à progresser. Cependant, les inégalités persistent, les coupes budgétaires se poursuivent et les populations les plus vulnérables restent exposées à des risques considérables.
En 2026, il est impératif de donner la priorité à la santé collective pour garantir une couverture universelle et la santé de tous. C’est l’objectif qui guide l’Organisation mondiale de la santé depuis sa création en 1948 : veiller à ce que chacun atteigne le niveau de santé le plus élevé possible, non pas comme un privilège, mais comme un droit fondamental.
