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L’Allemagne relance l’alliance avec Israël après les tensions autour de Gaza | International

by Clara Dubois

Publié le 7 décembre 2025 20h28. Le chancelier allemand Friedrich Merz a achevé une visite cruciale en Israël, marquée par la volonté de réaffirmer le soutien de Berlin à la sécurité de l’État hébreu, tout en soulignant des divergences persistantes sur la situation à Gaza et l’avenir d’un État palestinien.

  • Friedrich Merz a levé la suspension des livraisons d’armes à Israël, rétablissant ainsi une coopération militaire controversée.
  • Le chancelier allemand a évité de commenter la possibilité d’une invitation à Benjamin Netanyahu en Allemagne, compte tenu du mandat d’arrêt international émis à son encontre.
  • La visite a mis en évidence les tensions croissantes entre Berlin et Jérusalem concernant la conduite de la guerre à Gaza et la reconnaissance d’un État palestinien.

Après huit mois au pouvoir, Friedrich Merz s’est enfin rendu en Israël, un voyage longtemps attendu qui témoigne de la relation particulière que l’Allemagne entretient avec l’État hébreu. Cette relation, profondément ancrée dans l’histoire, est façonnée par le sentiment de responsabilité allemand face à l’Holocauste et au meurtre de six millions de Juifs européens.

Lors d’une conférence de presse commune avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu à Jérusalem, Merz a réaffirmé l’engagement indéfectible de l’Allemagne envers la sécurité et l’existence d’Israël.

« L’Allemagne répondra toujours pour l’existence et la sécurité d’Israël »,

Friedrich Merz, chancelier allemand

Il a toutefois exprimé des réserves quant à d’éventuelles annexions israéliennes en Cisjordanie et a défendu la nécessité d’une solution à deux États, incluant la création d’un futur État palestinien, une position qui contraste avec celle de son homologue israélien.

La question d’une invitation à Netanyahu en Allemagne, alors que le Premier ministre israélien est visé par un mandat d’arrêt de la Cour pénale internationale (CPI) pour des crimes de guerre présumés, a été abordée avec prudence par Merz. Alors qu’il s’était montré ouvert à cette possibilité après son élection, il a déclaré n’avoir pas évoqué le sujet avec Netanyahu. Ce dernier a réagi en qualifiant les accusations portées contre lui de « ridicules » et en affirmant son désir de se rendre en Allemagne.

« J’adorerais venir en Allemagne et cela arrivera probablement plus tôt que vous ne le pensez »,

Benjamin Netanyahu, Premier ministre israélien

La visite de Merz intervient dans un contexte de tensions accrues entre l’Allemagne et Israël, exacerbées par la guerre à Gaza. Berlin, traditionnellement plus prudent dans ses critiques à l’égard de Netanyahu que d’autres partenaires européens, a suspendu en août la fourniture d’armes à l’armée israélienne qui pourraient être utilisées à Gaza, une décision qui a suscité de vives réactions tant en Israël qu’en Allemagne. Royaume-Uni critique la décision d’Israël d’intensifier l’offensive à Gaza.

Le cessez-le-feu d’octobre a permis à Merz de tenter de rétablir les relations. Il a d’abord annoncé la levée de la suspension des livraisons d’armes, puis effectué sa visite à Jérusalem, où il a cherché à souligner la continuité de l’engagement allemand envers Israël. Son message a été symboliquement renforcé par le dépôt d’une gerbe au mémorial de Yad Vashem, où il a écrit :

« Je m’incline devant les six millions d’hommes, de femmes et d’enfants dans toute l’Europe qui ont été assassinés par les Allemands parce qu’ils étaient juifs. Nous garderons vivant le souvenir du terrible crime du Shoah que les Allemands ont commis contre le peuple juif. »

Malgré un accord sur la nécessité de « désarmer le Hamas », Merz et Netanyahu ont affiché des divergences sur d’autres points clés. Le chancelier allemand, contrairement à de nombreux de ses homologues européens, estime que la reconnaissance d’un État palestinien doit intervenir à la fin des négociations, et non immédiatement. Netanyahu, pour sa part, s’oppose catégoriquement à cette idée.

« Nous avons des points de vue différents »,

Friedrich Merz, chancelier allemand

a-t-il admis.

« Nous ne créerons pas un État voué à notre destruction »,

Benjamin Netanyahu, Premier ministre israélien

a renchéri Netanyahu.

L’Allemagne demeure le principal allié occidental d’Israël, aux côtés des États-Unis. La question est de savoir si les événements récents à Gaza ont modifié cette dynamique. Les critiques de Merz envers le gouvernement israélien marquent-elles la fin du soutien inconditionnel de l’Allemagne ? La visite de Merz a révélé les « dilemmes » auxquels l’Allemagne est confrontée face à cette guerre, une reconnaissance que ses prédécesseurs n’auraient peut-être pas formulée. Et, comme le souligne le Frankfurter Allgemeine Zeitung, il a évité d’utiliser une expression chargée de symbolisme qui définit cette alliance : raison d’état.

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