Publié le 24 septembre 2025. Une nouvelle étude révèle un lien direct entre la privation de sommeil, le déficit énergétique qui en résulte, et l’augmentation de l’appétit, ouvrant des perspectives intéressantes pour le traitement des troubles alimentaires et métaboliques.
- Le manque de sommeil entraînant une perte d’énergie stimule l’envie de manger et de dormir davantage chez la mouche drosophile.
- Un manque de sommeil qui ne provoque pas de déficit énergétique n’a pas d’impact sur les habitudes alimentaires ou de sommeil.
- Les chercheurs suggèrent qu’une approche thérapeutique combinant la correction des habitudes de sommeil et alimentaires pourrait être plus efficace.
Des habitudes de sommeil irrégulières et une alimentation déséquilibrée sont souvent liées, mais les mécanismes précis de cette interaction restaient jusqu’à présent mal compris. Une équipe de chercheurs de l’Institut Herbert Wertheim UF Scripps pour l’innovation et la technologie biomédicales a exploré cette relation en utilisant la drosophile, une mouche des fruits, comme modèle d’étude. Leurs travaux, publiés dans le Journal of Neuroscience, apportent un éclairage nouveau sur le rôle du déficit énergétique dans la régulation du sommeil et de l’alimentation.
L’étude a consisté à soumettre les mouches à différentes conditions de privation de sommeil. Les résultats ont démontré que lorsque les mouches étaient privées de sommeil au point de ressentir un manque d’énergie, elles augmentaient leur consommation de nourriture et leur temps de sommeil afin de reconstituer leurs réserves. En revanche, lorsque la privation de sommeil n’était pas associée à un déficit énergétique, aucune modification significative des habitudes alimentaires ou de sommeil n’était observée.
Selon William Ja, l’un des auteurs de l’étude, ces découvertes suggèrent que la privation d’énergie causée par le manque de sommeil est un facteur clé dans l’augmentation de l’appétit et du besoin de dormir. Il souligne l’importance de considérer le sommeil comme un élément central dans la gestion des troubles alimentaires et métaboliques.
« Je pense que notre travail ajoute du crédit à l’utilisation d’interventions comportementales moins intrusives en matière de sommeil pour soulager les troubles alimentaires et métaboliques. Il est possible qu’en corrigeant les habitudes de sommeil, les fringales et les habitudes alimentaires soient plus faciles à modifier. Nos travaux suggèrent également qu’il pourrait être difficile de traiter les troubles du sommeil ou les troubles métaboliques de manière isolée : nous pourrions avoir besoin de corriger plusieurs comportements, notamment les habitudes de sommeil et d’alimentation, pour que les interventions thérapeutiques soient efficaces. »
William Ja
Ces recherches ouvrent la voie à de nouvelles stratégies thérapeutiques qui pourraient cibler à la fois les habitudes de sommeil et alimentaires pour améliorer la santé métabolique. Les chercheurs espèrent que ces résultats encourageront une approche plus holistique du traitement des troubles liés à l’alimentation et au sommeil.
Source:
Référence du journal :
Parc, SJ, et al. (2025). Energy deficit is a key factor in sleep homeostasis. Journal of Neuroscience. doi.org/10.1523/jneurosci.1656-24.2025





