Home SantéLe changement de taxe sur les produits alimentaires pourrait avoir des avantages à la fois pour l’environnement et la santé humaine

Le changement de taxe sur les produits alimentaires pourrait avoir des avantages à la fois pour l’environnement et la santé humaine

by Sophie Martin

Publié le 24 octobre 2025 16h10. Une étude suédoise révèle qu’une réforme fiscale ciblant l’alimentation pourrait à la fois améliorer la santé publique, réduire l’impact environnemental de notre assiette et ne pas alourdir le coût de la vie pour les consommateurs.

  • Une modification des taxes, avec suppression de la TVA sur les aliments sains et imposition de taxes sur les produits néfastes pour le climat, pourrait éviter 700 décès prématurés par an en Suède.
  • Cette réforme fiscale permettrait de réduire l’empreinte carbone de l’alimentation suédoise de 700 000 tonnes d’équivalent dioxyde de carbone par an, soit l’équivalent de la suppression de près de 10 % des voitures particulières en circulation.
  • L’étude démontre qu’il est possible de mettre en œuvre une telle réforme sans augmenter le coût total des courses au supermarché, grâce à un mécanisme de compensation entre taxes et exonérations.

L’alimentation est aujourd’hui un facteur de risque majeur pour la santé dans les pays développés, entraînant plus de décès que l’alcool ou le tabagisme en Europe occidentale. Parallèlement, la production et la consommation alimentaires ont un impact environnemental considérable, représentant environ deux fois les émissions du trafic routier suédois. Face à ce double défi, des chercheurs de l’Université de technologie Chalmers, du Karolinska Institutet et de l’Université suédoise des sciences agricoles ont exploré les effets d’une réforme fiscale sur les produits alimentaires.

L’étude, publiée dans la revue Économie écologique (doi.org/10.1016/j.ecolecon.2025.108822), propose de supprimer la TVA (taxe sur la valeur ajoutée) sur les aliments considérés comme bénéfiques pour la santé, tels que les fruits, les légumes, les légumineuses et les céréales complètes, tout en instaurant des taxes sur les produits ayant un impact négatif sur le climat et la santé, comme les boissons sucrées, le bœuf, l’agneau, le porc et la viande transformée.

Selon Jörgen Larsson, chercheur à l’Université de technologie Chalmers et principal auteur de l’étude, « Les régimes alimentaires actuels nous rendent malades et nuisent au climat. Si nous voulons agir collectivement, les taxes et les subventions sont un outil efficace. Nos recherches montrent que cela peut être fait sans que les courses ne deviennent plus chères, car les taxes sélectives sur certains groupes alimentaires sont compensées par la suppression de la TVA sur d’autres. »

Les simulations menées par les chercheurs indiquent que cette réforme fiscale pourrait entraîner une réduction de la consommation de bœuf et d’agneau de près de 19 %, grâce à une augmentation de leur prix d’environ 25 % (soit près de 3 euros par kilo). En parallèle, la consommation de fruits et légumes augmenterait d’environ 4 % et celle de pain complet de 10 % grâce à la suppression de la TVA. La taxe sur les boissons sucrées réduirait quant à elle leur consommation d’environ un quart.

« Ce chiffre élevé nous a surpris, mais il s’agit pourtant d’une estimation prudente. Il existe également de nombreuses souffrances associées à une alimentation malsaine qui n’apparaissent pas dans ce chiffre, comme le fait de vivre avec l’obésité ou le diabète de type 2. »

Jörgen Larsson, chercheur à l’Université de technologie Chalmers

L’étude souligne également que cette réforme fiscale aurait un impact positif sur la santé publique, en évitant environ 700 décès prématurés par an en Suède, un chiffre comparable au nombre de décès survenus sur les routes suédoises chaque année. De plus, elle permettrait de réduire l’empreinte climatique de l’alimentation suédoise de 700 000 tonnes d’équivalent dioxyde de carbone par an, soit une diminution de 8 % des émissions totales du parc automobile.

Un autre avantage souligné par les chercheurs est que cette réforme fiscale ne pénaliserait pas les ménages à faible revenu, car les augmentations de prix sur certains aliments seraient compensées par les baisses sur d’autres. De plus, elle serait neutre sur le plan budgétaire à long terme, grâce aux économies réalisées sur les coûts de santé publique.

Les chercheurs précisent que les résultats de cette étude sont pertinents pour la plupart des pays à revenu élevé, et que cette réforme fiscale pourrait constituer une solution efficace pour encourager une alimentation plus saine et plus durable.

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