Plus de 10 000 personnes se sont mobilisées contre une nouvelle politique controversée dans le canton de Berne, qui limite l’accès aux centres d’hébergement d’urgence aux personnes sans titre de séjour. Cette décision, prise à l’automne 2025, suscite une vive indignation et une forte opposition.
Le collectif biennois «Un toit pour tous » a annoncé mercredi avoir recueilli plus de 10 000 signatures en seulement deux semaines, dénonçant une mesure qu’il juge inacceptable. L’organisation estime que cette politique restrictive vise à exclure les sans-papiers des refuges d’urgence, en particulier dans un contexte de températures hivernales extrêmes.
Le canton de Berne lie désormais l’attribution de subventions pour les places d’hébergement d’urgence à la condition que seuls les individus disposant d’un permis de séjour y soient admis. Cette exigence, inscrite dans les contrats de prestations, a immédiatement provoqué des critiques.
« Personne n’est autorisé à se retrouver à la rue, surtout pas en cette période de froid intense », a déclaré le collectif « Un toit pour tous » dans un communiqué. L’organisation appelle le conseiller du gouvernement UDC, Pierre-Alain Schnegg, à renoncer à cette mesure, qu’elle considère comme une atteinte à la dignité humaine. Elle craint également que cette politique ne fasse que déplacer le problème, rendant les personnes sans abri plus visibles dans l’espace public.
Le canton justifie cette décision par des considérations budgétaires. Gundekar Giebel, porte-parole de la Direction cantonale de la santé, des affaires sociales et de l’intégration (GSI), avait déclaré en septembre 2025 à l’émission «Actualités Suisse» de la SRF : « Nous devons mettre les places à la disposition de ceux qui y ont droit ». Le collectif « Un toit pour tous » conteste cette approche, estimant qu’elle ne résout pas le problème de l’itinérance et qu’elle va à l’encontre des principes fondamentaux d’humanité.
