Le constructeur automobile Stellantis a publié des résultats mitigés pour le troisième trimestre, annonçant une hausse de son chiffre d’affaires mais prévenant d’une charge exceptionnelle qui pèse sur ses perspectives à court terme. Cette annonce a entraîné une chute de ses actions en bourse, reflétant les défis auxquels l’entreprise est confrontée dans un contexte économique et politique complexe.
Le chiffre d’affaires net de Stellantis s’est élevé à 37,2 milliards d’euros (43,2 milliards de dollars) au cours du troisième trimestre (juillet-septembre), soit une augmentation de 13 % par rapport à l’année précédente. Cette croissance est principalement due à la bonne performance de ses marchés en Amérique du Nord et en Europe. Les analystes financiers s’attendaient à un chiffre d’affaires de 36,58 milliards d’euros.
Cependant, Stellantis a également averti qu’elle s’attend à enregistrer des charges exceptionnelles au cours des six prochains mois, jusqu’en décembre. Ces charges, dont la nature précise n’a pas été entièrement détaillée, seront en grande partie exclues de son bénéfice d’exploitation. Cette annonce a provoqué une baisse de 6 % de l’action Stellantis à Milan et de 8 % de ses actions aux États-Unis. Depuis le début de l’année, le cours de l’action a chuté de plus de 27 %.
Le PDG d’Stellantis, Antonio Filosa, a souligné que l’entreprise continuait de progresser dans la mise en œuvre de changements stratégiques visant à offrir un plus grand choix aux clients. « Alors que nous continuons à mettre en œuvre des changements stratégiques importants afin d’offrir à nos clients une plus grande liberté de choix, nous avons constaté des progrès séquentiels positifs et de solides performances d’une année sur l’autre au troisième trimestre, marqués par le retour de la croissance du chiffre d’affaires », a-t-il déclaré dans un communiqué.
Par ailleurs, Stellantis a annoncé un investissement de 13 milliards de dollars aux États-Unis, le plus important investissement de l’entreprise en 100 ans d’histoire. Ce plan prévoit le lancement de cinq nouveaux véhicules et la création de plus de 5 000 emplois. Filosa a insisté sur l’importance stratégique du marché américain : « Les États-Unis constituent une priorité clé pour notre réussite. Cet investissement est un investissement dans la croissance. »
Cet investissement s’inscrit dans le contexte des efforts du gouvernement américain pour relocaliser la production manufacturière et créer des emplois, notamment par le biais de mesures protectionnistes. Les plans de Stellantis s’inscrivent dans la continuité des discussions menées en janvier avec Donald Trump, comme l’a précisé John Elkann, le président de Stellantis.
Concernant les objectifs de rentabilité à moyen et long terme, Filosa a estimé qu’un taux de 6 à 8 % serait « raisonnable », s’écartant de l’objectif d’au moins 10 % fixé par son prédécesseur, Carlos Tavares. L’entreprise se concentre désormais sur l’amélioration continue des indicateurs de performance clés (KPI) à chaque trimestre.
Filosa a également mis en garde contre les risques liés aux restrictions à l’exportation de semi-conducteurs en provenance de Chine, en particulier celles imposées par Nexperia. Stellantis a mis en place une cellule de crise interfonctionnelle pour surveiller de près cette situation et anticiper d’éventuelles perturbations.
