Publié le 5 janvier 2026 à 13h35. L’attribution controversée d’un prix de la paix par la FIFA à l’ancien président américain Donald Trump prend une dimension plus inquiétante au vu de ses récentes menaces envers plusieurs pays, soulevant des questions sur le rôle de l’instance dirigeante du football mondial.
- Un mois après avoir remis un prix de la paix à Donald Trump, la FIFA reste silencieuse alors que celui-ci multiplie les menaces envers plusieurs nations.
- Depuis l’attribution de ce prix, l’administration Trump a ordonné 626 frappes aériennes (contre 555 sous la présidence Biden) dans le monde.
- Plusieurs pays participant à la Coupe du monde cet été ont été directement menacés par l’ancien président américain.
L’initiative de Gianni Infantino, président de la FIFA, de décerner un prix de la paix à Donald Trump lors du tirage au sort de la Coupe du monde à Washington il y a un mois, avait déjà suscité l’incompréhension. Cette décision, prise sans l’aval de l’ensemble de la FIFA, visait apparemment à apaiser l’ego de l’ancien président américain, frustré de ne pas avoir été récompensé par le prix Nobel, notamment après la nomination de Maria Corina Machado, figure de l’opposition vénézuélienne. À l’époque, l’événement avait été perçu comme une humiliation pour toutes les parties impliquées.
Aujourd’hui, il apparaît clairement que la FIFA et son président sont les plus mal à l’aise face à cette situation. Le « Prix de la Paix de la FIFA » est tombé dans l’oubli pour Donald Trump dès qu’il a regagné sa voiture. Mais les conséquences de cette initiative se révèlent bien plus graves. Au cours des 31 jours qui ont suivi la cérémonie, l’administration Trump a intensifié ses opérations militaires, ordonnant des frappes aériennes en Somalie, au Nigeria, en Syrie et au Venezuela. Selon le site Internet de Military Times, l’administration Trump a lancé 626 frappes aériennes distinctes dans le monde en 2025. Military Times précise que Joe Biden avait supervisé un total de 555 frappes aériennes durant ses quatre années de mandat.
Dimanche soir, lors d’une conférence de presse improvisée à bord d’Air Force One, Donald Trump a de nouveau laissé entrevoir une politique étrangère agressive. Il a menacé la Colombie d’une intervention similaire à celle menée au Venezuela, et a averti le Mexique et l’Iran qu’ils seraient « très durement touchés » s’ils ne se conformaient pas à ses exigences. Il a également remis en question la stabilité de Cuba, affirmant qu’elle dépendait du pétrole vénézuélien, désormais sous contrôle américain. L’ancien président n’a pas non plus oublié le Groenland, qu’il considère comme vital pour la sécurité nationale des États-Unis.
En quelques phrases, le récipiendaire du Prix de la Paix de la FIFA a donc menacé cinq pays différents sur trois continents. Un silence assourdissant règne du côté de l’instance dirigeante du football mondial. Il est particulièrement troublant de constater que l’Iran, la Colombie et le Mexique, qui participeront tous à la Coupe du monde cet été, ont été directement visés par ces menaces. Le Danemark, dont le Groenland est une partie autonome, sera également présent à la compétition.
Dans ce contexte, le Prix de la Paix de la FIFA ne semble plus être un simple geste anodin destiné à flatter l’ego d’un homme politique. Il est devenu un prétexte pour justifier une politique étrangère belliqueuse. Gianni Infantino n’avait aucune raison de s’immiscer dans ce dossier, et le football ne devrait pas servir de caution à de telles actions. Cette tache restera gravée dans l’histoire de la FIFA pour longtemps.
