Publié le 24 septembre 2025. Une équipe de chercheurs coréens a identifié une protéine clé, le c-kit, qui joue un rôle essentiel dans la survie et la régénération des cellules gustatives sucrées après une lésion nerveuse, ouvrant la voie à de nouvelles pistes pour améliorer le goût et traiter les troubles gustatifs.
- Les cellules gustatives sucrées survivent aux lésions nerveuses grâce à la protéine c-kit.
- La signalisation c-kit est indispensable à la fois à la survie des cellules gustatives et à leur régénération.
- Cette découverte pourrait mener à de nouvelles approches pour améliorer la nutrition et traiter les troubles du goût.
Le goût, un sens fondamental pour notre bien-être, est intimement lié à notre appétit, à notre nutrition et à notre qualité de vie. Les papilles gustatives, bien que délicates, dépendent fortement de leur connexion nerveuse avec le cerveau. Lorsque ces nerfs sont endommagés, les papilles gustatives se détériorent, mais ont la capacité de se régénérer une fois les nerfs réparés. Jusqu’à présent, les mécanismes précis de cette régénération restaient méconnus.
Une étude récente, menée par le Dr Dong-Hoon Kim et le professeur Yong Taek Jeong au Korea University College of Medicine, et publiée dans le Journal international de science orale le 10 septembre 2025, a permis de mettre en lumière les acteurs clés de ce processus de régénération. Les chercheurs ont découvert que les cellules gustatives responsables de la détection du sucré survivent aux lésions nerveuses grâce à une protéine appelée c-kit, et que ces cellules sont cruciales pour la reconstruction des bourgeons gustatifs.
Pour parvenir à ces conclusions, l’équipe a utilisé des modèles murins et des organoïdes de bourgeons gustatifs. Ils ont constaté que lorsque la signalisation c-kit était bloquée à l’aide de l’imatinib (Gleevec), un médicament utilisé dans le traitement de certains cancers, les cellules sucrées survivantes disparaissaient. En l’absence de ces cellules, la régénération des autres cellules gustatives était compromise, confirmant ainsi le rôle essentiel de la signalisation c-kit dans la survie et la récupération des papilles gustatives.
Le professeur Jeong explique :
« Nos papilles gustatives sont composées de diverses cellules qui détectent différentes saveurs, comme le sucré, l’amer, le salé, l’acide et l’umami. Il est bien établi que ces papilles sont étroitement liées à nos nerfs gustatifs, car c’est là que les premiers signaux de goût sont formés avant d’être transmis au cerveau. »
L’étude confirme des observations scientifiques de longue date : lorsque les nerfs d’un bourgeon gustatif sont sectionnés, celui-ci dégénère, puis se régénère lorsque les nerfs repoussent. Cependant, les travaux du professeur Jeong et de son équipe ont permis de préciser que l’ampleur de la dégénérescence et de la récupération varie en fonction du type de cellule gustative impliquée. Les cellules de détection du sucré se sont avérées particulièrement résistantes, ce qui pourrait expliquer pourquoi certaines qualités gustatives s’estompent plus rapidement que d’autres, par exemple lors d’un rhume.
Les chercheurs ont également observé que certaines cellules de type III acquéraient des propriétés de cellules souches, contribuant ainsi à la réparation de la muqueuse épithéliale entourant les papilles gustatives.
« Nous avons constaté que les cellules sucrées exprimant c-kit survivent régulièrement après une lésion nerveuse. Dans les cultures d’organoïdes, ces cellules ont continué à se développer même lorsque les facteurs de survie étaient retirés. Mais lorsque nous avons bloqué c-kit avec l’imatinib, les cellules sucrées survivantes ont disparu et la régénération a été retardée. Ce ne sont pas seulement les cellules sucrées qui comptent. Certaines cellules de type III ont acquis des propriétés de cellules souches, aidant à réparer la muqueuse épithéliale autour des papilles gustatives. Cela montre que plusieurs types de cellules sont impliqués dans la récupération : les cellules sucrées c-kit+ pour la régénération, et les cellules de type III pour la réparation. »
a précisé le professeur Jeong.
Selon le professeur Jeong, cette découverte représente une avancée significative dans la recherche sur le goût :
« Il s’agit de la première découverte qui nous permette de contrôler sélectivement des types spécifiques de cellules gustatives. Bien qu’elle ne se traduise pas immédiatement par un traitement, elle fournit une base pour de futurs travaux sur la résilience et la récupération du goût. À long terme, cela pourrait guider de nouvelles approches pour améliorer la nutrition, soutenir les patients souffrant de troubles du goût et même faire progresser la science des saveurs. En identifiant c-kit comme un facteur clé de la survie des cellules sucrées, nous avons maintenant un élément de base pour un contrôle plus précis du goût. »
Cette étude démontre que les cellules sucrées exprimant c-kit jouent un rôle central dans la régénération des bourgeons gustatifs après une lésion nerveuse, tandis que les cellules de type III contribuent également à la réparation. En identifiant c-kit comme un facteur protecteur, la recherche apporte un éclairage nouveau sur la persistance variable des différentes qualités gustatives et ouvre la voie à de futures recherches visant à contrôler sélectivement le goût.
Source:
Référence du journal:
Ki, S.Y., et al. (2025). C-Kit signaling confers resilience to sweet taste cells during nerve injury. Journal international de science orale. doi.org/10.1038/S41368-025-00387-3
