Publié le 5 janvier 2024 à 02h00. Des manifestations se poursuivent dans plusieurs villes d’Iran, confrontant les protestataires aux forces de sécurité et entraînant des perturbations de l’accès à Internet, tandis que des figures de l’opposition promettent de demander des comptes aux responsables des violences.
- De nombreux commerces du bazar de Téhéran sont restés fermés, et la présence d’agents de sécurité en civil a été signalée dans les rues avoisinantes.
- Des affrontements ont éclaté à Téhéran et dans une dizaine de villes de province, avec des tirs de gaz lacrymogènes et le déploiement d’unités de police à moto.
- L’accès à Internet a été restreint, voire coupé, dans plusieurs régions, entravant la communication des manifestants et la diffusion d’informations.
La contestation, alimentée par l’inflation, le chômage et les difficultés économiques, s’étend à travers le pays. Des organisations syndicales, de retraités, civiles et d’enseignants ont exprimé leur soutien aux manifestants. Des vidéos diffusées montrent des foules scandant des slogans anti-gouvernementaux, notamment dans la rue Jomhouri à Téhéran, où des forces de l’ordre ont réagi en utilisant des gaz lacrymogènes.
Les manifestations nocturnes se sont propagées à des quartiers de la capitale tels que Narmak, Naziabad et la rue Hafez, ainsi qu’à des villes de province comme Sangsar (province de Semnan), Nurabad-e Mamasani (province de Fars), Sari (province de Mazandaran) et Malekshahi (province d’Ilam). Des habitants de villes comme Asadabad, Kermanshah, Dezful, Malard, Marvdasht, Kuhdasht, Borazjan, Mashhad, Shiraz et certaines parties de Téhéran ont signalé des difficultés majeures à accéder à Internet, certains affirmant qu’il fallait plusieurs heures pour envoyer un simple message texte.
Selon les informations vérifiées par Iran International, au moins 16 manifestants ont perdu la vie lors des affrontements. L’organisation de défense des droits humains Human Rights Activists News Agency (HRANA) a fait état d’un bilan d’au moins 19 décès. Des investigations sont en cours pour établir le nombre exact de victimes dans des villes comme Azna, Marvdasht, Malekshahi, Hefshjan et Farsan.
Le prince iranien en exil, Reza Pahlavi, a rendu hommage aux manifestants tués et a promis de poursuivre les responsables de ces violences. Dans un message publié sur X (anciennement Twitter), il a déclaré :
« J’honore et je garde vivants la mémoire et les noms de nos compatriotes qui ont été tués lors du soulèvement national iranien. »
Reza Pahlavi, prince iranien en exil
Il a également adressé ses condoléances aux familles des victimes, assurant son soutien et promettant que les auteurs de ces crimes seraient identifiés et punis. S’adressant au guide suprême iranien, Ali Khamenei, il a affirmé :
« En versant le sang des enfants les plus purs de cette terre, vous et votre réseau avez rapproché votre propre chute. Nous ne reculerons pas et continuerons jusqu’à la destruction complète de votre régime anti-iranien. »
Reza Pahlavi, prince iranien en exil
Abdullah Mohtadi, chef du parti Komala, a également exprimé ses condoléances aux familles des manifestants tués et a dénoncé ce qu’il a qualifié de « crime majeur » commis par les Gardiens de la révolution iraniens à Malekshahi, dans la province d’Ilam. Il a ajouté :
« La grande force du mouvement populaire finira par balayer l’appareil d’oppression et de criminalité. »
Abdullah Mohtadi, chef du parti Komala
