Publié le 18 janvier 2024 19:23:00. Le président américain Donald Trump a menacé plusieurs pays européens de droits de douane accrus, dans une tentative inédite de forcer le Danemark à céder le Groenland aux États-Unis. Cette escalade diplomatique, qualifiée d’« inacceptable » par plusieurs dirigeants européens, pourrait déstabiliser les relations transatlantiques et l’alliance de l’OTAN.
- Donald Trump menace d’imposer des droits de douane de 10 % puis de 25 % sur les importations en provenance du Danemark, de la Norvège, de la Suède, de la France, de l’Allemagne, des Pays-Bas, de la Finlande et du Royaume-Uni.
- L’objectif affiché par la Maison Blanche est d’acquérir le Groenland, territoire autonome appartenant au Royaume du Danemark, pour des raisons stratégiques et minières.
- Les réactions européennes sont vives, avec un soutien unanime au Danemark et au Groenland, et des inquiétudes quant à l’impact sur la sécurité collective au sein de l’OTAN.
La tension monte entre les États-Unis et plusieurs de ses alliés européens. Samedi, Donald Trump a annoncé son intention d’augmenter les droits de douane sur un large éventail de produits importés de huit pays européens, une mesure qu’il justifie par le refus du Danemark de vendre le Groenland aux États-Unis. Selon la Maison Blanche, un nouveau tarif de 10 % entrera en vigueur le 1er février, avant de passer à 25 % le 1er juin, et restera en place jusqu’à ce qu’un accord sur la cession du Groenland soit trouvé.
Cette annonce a suscité une vague d’indignation en Europe. Le ministre danois des Affaires étrangères, Lars Løkke Rasmussen, s’est dit « surpris » par ces menaces, tandis que le Premier ministre britannique, Keir Starmer, a fermement condamné cette action, estimant que l’imposition de droits de douane à des alliés compromet la sécurité collective au sein de l’OTAN. La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, et le président du Conseil européen, Antonio Costa, ont exprimé leur soutien total au Danemark et au Groenland, soulignant que ces tarifs pourraient nuire aux relations transatlantiques et déstabiliser la région. La Norvège, la Suède, la France et l’Allemagne ont également apporté leur soutien au Danemark.
Les dirigeants européens rappellent que le Groenland n’est pas à vendre. Des manifestations ont d’ailleurs eu lieu au Danemark et au Groenland, les citoyens revendiquant le droit à l’autodétermination de l’île. Donald Trump, quant à lui, justifie son intérêt pour le Groenland par son importance stratégique et ses ressources minérales potentielles, évoquant même la possibilité d’utiliser la force pour acquérir le territoire. Il a également critiqué le déploiement de personnel militaire européen au Groenland à la demande du Danemark, le qualifiant de « jeu dangereux ».
Au-delà de la question du Groenland, Donald Trump a également laissé entendre qu’il pourrait imposer des droits de douane de 25 % à tout pays commerçant avec l’Iran, bien que cette menace ne soit étayée par aucun document officiel. L’application de ces droits de douane pourrait mettre en péril les accords commerciaux en cours entre les États-Unis, l’Union européenne et le Royaume-Uni, qui prévoient des droits fixes sur les importations. L’expert en commerce William Reinsch a souligné que le traitement différencié de certains pays de l’Union européenne pourrait susciter des doutes quant à la crédibilité de l’accord commercial avec les États-Unis.
La légalité des droits de douane imposés par Donald Trump est actuellement examinée par la Cour suprême des États-Unis, une décision qui pourrait avoir des conséquences importantes sur l’économie mondiale et les pouvoirs du président. M. Trump affirme que l’acquisition du Groenland est essentielle pour contrer l’influence de la Chine et de la Russie, mais les responsables européens soulignent que le Groenland est déjà protégé par les accords de sécurité de l’OTAN. Une base militaire américaine est d’ailleurs présente sur l’île, avec environ 200 militaires, en vertu d’un accord datant de 1951 qui autorise un important déploiement militaire américain sur le territoire.
Certains analystes européens recommandent de ne pas réagir de manière précipitée aux menaces de Donald Trump, préconisant une stratégie patiente et attentive. Plusieurs sénateurs américains ont également exprimé leur opposition à l’approche de la Maison Blanche, craignant qu’elle ne nuise aux intérêts et aux alliances des États-Unis.
Avec les informations de Reuters
