Publié le 14 décembre 2025 à 16h25. L’Ukraine pourrait renoncer à son ambition d’adhérer à l’OTAN, une volte-face majeure, en échange de garanties de sécurité occidentales fermes, a révélé le président Zelensky, alors que les pourparlers de paix se multiplient et que les frappes russes se poursuivent.
- Volodymyr Zelensky a indiqué que l’Ukraine est prête à abandonner son objectif d’adhésion à l’OTAN en contrepartie de garanties de sécurité juridiquement contraignantes de la part des États-Unis et de leurs alliés européens.
- Cette proposition représente un compromis significatif de la part de Kiev, qui a longtemps considéré l’adhésion à l’OTAN comme un rempart essentiel contre de nouvelles agressions russes.
- Les discussions se déroulent dans un contexte de pression croissante pour parvenir à un règlement du conflit, avec l’implication de l’envoyé spécial de l’administration Trump, Steve Witkoff.
Cette annonce intervient alors que les diplomates occidentaux s’efforcent de trouver une issue au conflit qui ravage l’Ukraine depuis plus de deux ans. Le président Zelensky a souligné que des garanties bilatérales de sécurité, similaires à l’article 5 du traité de l’OTAN, pourraient constituer une alternative viable à l’adhésion à l’Alliance atlantique. « Dès le début, le souhait de l’Ukraine était de rejoindre l’OTAN ; ce sont de véritables garanties de sécurité. Certains partenaires aux États-Unis et en Europe n’ont pas soutenu cette orientation », a-t-il déclaré en réponse aux questions des journalistes.
Selon Zelensky, ces garanties pourraient provenir des États-Unis, de pays européens, du Canada et du Japon. Il a précisé que l’Ukraine recherche une paix « digne » et des assurances que la Russie ne relancera pas les hostilités. Il a également accusé Moscou de prolonger délibérément la guerre en ciblant les infrastructures civiles et les villes ukrainiennes.
Cette évolution marque un changement de cap important pour Kiev, qui a longtemps fait de l’adhésion à l’OTAN un objectif stratégique, malgré l’opposition virulente de la Russie, qui y voit une menace pour sa propre sécurité. Bien que cette concession puisse répondre à l’une des exigences de Moscou, l’Ukraine continue de refuser toute cession de territoire.
Parallèlement aux discussions diplomatiques, les combats se poursuivent sur le terrain. Les forces russes ont intensifié leurs attaques, notamment dans la mer Noire, endommageant des navires turcs transportant des denrées alimentaires. Une frappe sur Odessa a provoqué un incendie dans des silos à céréales, selon le vice-Premier ministre Oleksii Kuleba. Zelensky a dénoncé ces attaques comme étant dénuées de tout objectif militaire.
Le président turc Recep Tayyip Erdogan a appelé à la prudence, avertissant que la mer Noire ne doit pas devenir une « zone de confrontation ». Des frappes russes récentes ont également privé des milliers de personnes d’électricité, tandis que les responsables ukrainiens accusent Moscou de cibler délibérément le réseau électrique pour priver les civils de chauffage et d’eau pendant l’hiver.
Les pourparlers en cours impliquent également l’envoyé de l’ancien président américain Donald Trump, Steve Witkoff, et son gendre Jared Kushner, arrivés dimanche à Berlin pour des discussions avec des représentants ukrainiens et européens. L’envoi de Witkoff, qui a déjà mené des négociations avec Kiev et Moscou, suggère que Washington perçoit des opportunités de progrès vers un règlement.
Zelensky a révélé que l’Ukraine, l’Europe et les États-Unis étudient un plan en 20 points qui pourrait déboucher sur un cessez-le-feu. Il a toutefois réaffirmé que Kiev ne mène pas de négociations directes avec la Russie, tout en indiquant qu’une trêve le long des lignes de front actuelles pourrait être considérée comme acceptable, bien que la Russie continue d’exiger le retrait de l’Ukraine des parties de Donetsk et de Louhansk encore sous son contrôle.
