Publié le 29 octobre 2023 18:53. L’avion présidentiel colombien a subi un incident diplomatique et logistique majeur à Madrid, se voyant refuser le ravitaillement en raison des sanctions américaines imposées au président Gustavo Petro. Cet événement inédit soulève des questions sur la capacité du chef d’État à poursuivre ses voyages internationaux.
- L’avion présidentiel colombien (FAC 0001) a été bloqué à l’aéroport de Madrid, en Espagne, en raison de sanctions américaines.
- Le refus de ravitaillement est directement lié à l’inscription du président Petro sur la liste OFAC du Trésor américain.
- Le gouvernement espagnol est finalement intervenu pour permettre à l’avion de poursuivre son vol vers le Moyen-Orient.
Un incident diplomatique et logistique sans précédent a frappé la présidence colombienne. Lors d’une escale technique à l’aéroport Adolfo Suárez Madrid-Barajas, en Espagne, l’avion présidentiel, un Boeing 737-700 immatriculé FAC 0001, s’est vu refuser le carburant nécessaire à la poursuite de son voyage. Julio Sánchez Cristo, directeur de Radio W, a révélé les détails de cette situation inhabituelle.
Cet incident survient alors que le président Gustavo Petro est en tournée au Moyen-Orient, débutée le 27 octobre et prévue jusqu’au 4 novembre, avec des visites prévues en Arabie saoudite, en Égypte et au Qatar. Une tournée similaire avait déjà été effectuée en février dernier, avec une participation au Sommet mondial des gouvernements à Dubaï (Émirats arabes unis) et des discussions au Qatar visant à renforcer les relations diplomatiques et à promouvoir des accords stratégiques dans les domaines du commerce et de la transition énergétique.
La cause de ce refus de ravitaillement est directement imputable à l’inscription récente du président colombien sur la liste OFAC (Office of Foreign Assets Control), également connue sous le nom de « Liste Clinton », du Département du Trésor des États-Unis. Selon des informations concordantes, les entreprises fournissant du carburant à l’aéroport de Madrid, pour la plupart des filiales de sociétés américaines ou à capitaux américains, ont été contraintes de refuser le service à l’avion de la Force Aérienne Colombienne (FAC) par crainte de violer les réglementations strictes de l’OFAC.
Une fois le refus enregistré, l’avion présidentiel a été dirigé vers une base militaire. C’est finalement le gouvernement espagnol qui est intervenu pour fournir le carburant nécessaire, permettant ainsi à l’appareil de reprendre son vol. Des sources proches de la Maison Nariño ont confirmé l’incident, tout en indiquant qu’il avait été gardé secret jusqu’à une récente fuite.
« Ils ont traité cela de manière très secrète jusqu’à ce qu’il y ait une fuite. Tout est vrai. Depuis le week-end, ils sont en difficulté à cause de cette question. »
Source proche de la Maison Nariño
La réglementation américaine prévoit des sanctions sévères pour toute entité effectuant des transactions avec des personnes ou des actifs considérés comme « bloqués » par l’OFAC, avec des amendes pouvant atteindre 250 000 dollars (environ 235 000 euros) ou le double de la valeur de la transaction non autorisée. Même si l’avion appartient à l’État et non directement au président, son utilisation par un « ressortissant spécialement désigné » (SDN) déclenche ces restrictions, obligeant les compagnies à faire preuve d’une extrême prudence.
Cet événement soulève des interrogations en Colombie, non seulement sur la vulnérabilité logistique du pays, mais aussi sur la faisabilité des déplacements internationaux du président Petro dans le contexte de ces sanctions. La situation met en lumière l’impact immédiat et drastique des sanctions américaines sur les actifs et les opérations colombiens lorsqu’ils sont utilisés par une personne figurant sur la liste.
