Publié le 18 décembre 2025 17h34:00. Des chercheurs indiens ont identifié un acteur inattendu dans le processus d’autophagie, essentiel à la santé cellulaire, ouvrant ainsi de nouvelles perspectives thérapeutiques pour des maladies neurodégénératives comme Alzheimer et Parkinson, ainsi que pour certains cancers.
- L’autophagie, un mécanisme de « nettoyage cellulaire », est cruciale pour éliminer les déchets et maintenir les cellules en bon état.
- Un complexe protéique, l’exocyste, joue un rôle clé dans la formation des « sacs poubelles » cellulaires (autophagosomes) qui emballent les éléments à éliminer.
- Les découvertes de l’équipe du professeur Ravi Manjithaya pourraient permettre de moduler l’autophagie pour traiter diverses pathologies.
Tout comme une maison a besoin d’un entretien régulier, nos cellules doivent se débarrasser des éléments endommagés et inutiles. Ce processus vital, appelé autophagie, permet d’éliminer les déchets, de lutter contre les infections et de préserver le bon fonctionnement des cellules, notamment les neurones, qui sont particulièrement sensibles à l’accumulation de toxines.
Lorsque l’autophagie est défaillante, la santé cellulaire se détériore. Cette perturbation est impliquée dans le développement de maladies neurodégénératives telles qu’Alzheimer et la maladie de Huntington. L’autophagie présente également un comportement paradoxal dans le cancer : elle peut agir comme un frein à son développement initial, mais favoriser sa progression à un stade plus avancé. En maintenant l’intégrité du génome et l’équilibre cellulaire, elle élimine les déchets comme les protéines mal repliées et les mitochondries endommagées. Cependant, certaines cellules cancéreuses détournent ce mécanisme à leur avantage pour assurer leur survie et leur prolifération. Comprendre comment réguler l’autophagie est donc essentiel pour développer des traitements efficaces.
Des chercheurs du Centre Jawaharlal Nehru pour la recherche scientifique avancée (JNCASR), un établissement autonome relevant du Département des sciences et technologies (DST), ont découvert que le complexe exocyste, habituellement impliqué dans le transport de molécules vers la surface cellulaire, joue également un rôle déterminant dans l’autophagie. Ce complexe est composé de huit protéines, dont sept sont indispensables à la formation des autophagosomes. Lorsque ce complexe est défectueux, la production de ces « sacs poubelles » est compromise, entraînant la fabrication de structures non fonctionnelles.
L’équipe du professeur Ravi Manjithaya a utilisé des cellules de levure simples pour étudier la formation des autophagosomes, offrant ainsi des éclaircissements sur le fonctionnement de ce processus essentiel dans les organismes supérieurs. Leurs travaux, publiés dans la revue Proceedings of the National Academy of Sciences, ont permis d’élucider le mécanisme par lequel le complexe exocyste contribue à l’autophagie. Ces résultats ouvrent de nouvelles voies pour moduler cette voie métabolique et restaurer l’équilibre cellulaire, avec des implications potentielles pour le traitement des maladies neurodégénératives et du cancer.
Pour plus d’informations, vous pouvez contacter le professeur Ravi Manjithaya à l’adresse suivante : ravim[at]jncasr[dot]ac[dot]in.
