Publié le 11 décembre 2025 à 12h14. La saisie par les États-Unis d’un pétrolier au large des côtes vénézuéliennes a déclenché une vive réaction de Caracas, qui dénonce un acte de piraterie et une tentative de s’approprier ses ressources énergétiques.
- Le Venezuela qualifie la saisie du pétrolier d’« acte de piraterie internationale » et de « vol ».
- Caracas accuse les États-Unis de vouloir déposséder le pays de ses richesses pétrolières, en référence également à la vente controversée d’actions de Citgo.
- Washington justifie cette action par la nécessité de lutter contre le transport de pétrole vénézuélien vers l’Iran.
Le régime de Nicolás Maduro a fermement condamné l’opération américaine, dénonçant une escalade de l’agression contre le Venezuela. Le ministre des Affaires étrangères, Yván Gil, a déclaré dans un communiqué :
« La République bolivarienne du Venezuela dénonce et rejette vigoureusement ce qui constitue un vol flagrant et un acte de piraterie internationale, annoncé publiquement par le président des États-Unis, qui a avoué l’assaut d’un pétrolier dans la mer des Caraïbes. »
Yván Gil, ministre des Affaires étrangères
Selon Caracas, cette action s’inscrit dans une politique délibérée visant à s’emparer des ressources énergétiques du pays. Le gouvernement vénézuélien rappelle également la vente, approuvée récemment aux États-Unis, des actions de la société mère de la compagnie pétrolière nationale vénézuélienne, Citgo, qu’il considère comme un « vol » orchestré par des mécanismes judiciaires frauduleux.
Le ministre Gil a insisté sur le fait que les motivations réelles de l’offensive américaine ne sont pas liées à des préoccupations concernant la migration, le trafic de drogue, la démocratie ou les droits de l’homme.
« Les véritables raisons de l’agression prolongée contre le Venezuela ont finalement été révélées. Il ne s’agit pas de migration. Ce n’est pas du trafic de drogue. Ce n’est pas la démocratie. Ce ne sont pas des droits de l’homme. Il a toujours été question de nos richesses naturelles, de notre pétrole, de notre énergie, des ressources qui appartiennent exclusivement au peuple vénézuélien. »
Yván Gil, ministre des Affaires étrangères
Washington justifie cette saisie en affirmant que le pétrolier, sanctionné depuis plusieurs années, était utilisé pour transporter du pétrole vénézuélien vers l’Iran. La procureure générale américaine, Pam Bondi, a souligné que l’opération a été menée par le FBI, la Sécurité nationale et la Garde côtière, avec le soutien du Pentagone.
Cette escalade intervient après que le président Trump a averti Nicolás Maduro que ses « jours sont comptés », menaçant également de lancer des opérations terrestres contre les trafiquants de drogue dans la région. Il a également laissé entendre qu’il envisage de s’approprier le pétrole saisi :
« Je suppose que nous garderons le pétrole. »
Donald Trump, président des États-Unis
Le Venezuela a annoncé qu’il saisirait toutes les instances internationales pour dénoncer ce qu’il considère comme un « crime international » et défendre sa souveraineté et ses ressources naturelles.
Par ailleurs, le régime de Maduro a estimé que cette action américaine visait à détourner l’attention de l’attribution du prix Nobel de la paix à l’opposante vénézuélienne María Corina Machado, qui a dû faire face à des obstacles pour se rendre à Oslo, en Norvège, et a finalement reçu le prix par l’intermédiaire de sa fille, Ana Corina Sosa.

