Publié le 2025-11-12 00:45:00. Le report de la condamnation de l’ancien chef du renseignement militaire vénézuélien, Hugo “El Pollo” Carvajal, devant un tribunal de New York, est lié à des révélations explosives sur les liens entre le régime de Nicolás Maduro, le trafic de drogue et d’éventuels financements de partis politiques de gauche, notamment en Espagne.
- La justice américaine a repoussé la lecture de la peine de Carvajal au 12 février 2026, en raison du volume important de documents fournis par l’accusé.
- Ces documents impliquent des personnalités politiques espagnoles, dont l’ancien président José Luis Rodríguez Zapatero, dans des activités de lobbying et des relations d’affaires avec des responsables vénézuéliens.
- Carvajal, en tant que témoin protégé, a livré des informations sur les réseaux de passeports, le trafic de drogue et le financement de mouvements de gauche par le gouvernement vénézuélien.
L’affaire Hugo Carvajal continue de faire des vagues. Le tribunal fédéral de New York a décidé de reporter une nouvelle fois la lecture de sa peine, initialement prévue pour le 29 octobre, puis le 19 novembre. Cette décision fait suite à la soumission d’une quantité considérable de documents par l’ancien chef des renseignements militaires vénézuéliens, qui pourraient révéler des informations sensibles sur le régime chaviste et ses ramifications internationales.
Selon des sources proches du procès, la défense de Carvajal a présenté des preuves établissant un lien entre des hauts responsables militaires vénézuéliens et le Cartel des Soleils, impliqué dans le trafic de drogue. Des allégations de complicité d’acteurs internationaux dans des opérations de blanchiment d’argent ont également été formulées. Certains de ces alliés auraient servi de “garants” au gouvernement de Nicolás Maduro.
L’ancien président espagnol José Luis Rodríguez Zapatero est particulièrement mentionné. Il est accusé d’avoir bénéficié d’un “cadre favorable” pour développer ses activités de lobbying au Venezuela, avec une intervention directe dans des secteurs clés tels que le pétrole, l’or et les autres ressources naturelles du pays. Des informations à ce sujet ont été rapportées par Voz Pópuli.
En tant que témoin protégé, Carvajal a fourni des détails sur le réseau de passeports du vice-président vénézuélien Tareck el Aissami, la participation de dirigeants militaires au trafic de drogue, le financement par le gouvernement vénézuélien de mouvements de gauche à l’international et les déplacements de membres de l’ETA à Caracas.
Son parcours a été marqué par des rebondissements. Durant son séjour en détention préventive à la prison d’Estremera en Espagne, il a rencontré l’ancien commissaire José Manuel Villarejo et a connu des tensions avec ses avocats, malgré leurs efforts initiaux pour bloquer son extradition. Il a finalement été extradé vers les États-Unis en 2023 après avoir passé près de deux ans en cavale, entrant même en Espagne sous une fausse identité depuis la République dominicaine.
En Espagne, certaines sources judiciaires se montrent prudentes quant à la portée des révélations concernant Zapatero et le Parti socialiste ouvrier espagnol (PSOE). Elles soulignent un “manque de preuves documentaires” et décrivent Carvajal comme un individu “peu enclin à la collaboration”. Certains affirment même qu’il aurait déclaré qu’il “inventerait” des preuves contre Zapatero s’il n’en trouvait pas.
Cependant, d’autres sources affirment que Carvajal a transmis aux autorités américaines des informations précises sur les relations de Zapatero avec des hommes d’affaires vénézuéliens, notamment Jorge Rodríguez, frère de Delcy Rodríguez, considéré comme son principal soutien dans le pays. Ces informations incluraient des détails sur “l’empreinte financière” de Zapatero dans différents pays et des paiements provenant du palais de Miraflores.
Arrêté à Madrid en 2019, Carvajal est désormais considéré comme un témoin à charge essentiel pour Washington. Sa figure pourrait, selon certaines sources, devenir un “symbole légitimant les projets de Donald Trump concernant ses futurs projets pour le Venezuela”.
