Publié le 2025-12-16 21:21:00. Une nouvelle étude américaine révèle que le cancer du sein peut perturber l’horloge biologique bien avant que la tumeur ne soit détectable, ouvrant de nouvelles pistes pour comprendre les premiers signes de la maladie et améliorer les traitements.
- Le cancer du sein perturbe le cycle naturel des hormones et l’activité de certaines cellules cérébrales clés.
- Cette perturbation de l’horloge biologique pourrait expliquer pourquoi de nombreuses patientes ressentent des changements de bien-être avant même le diagnostic.
- Des chercheurs ont montré qu’en restaurant le rythme hormonal, il est possible d’améliorer la réponse immunitaire contre la tumeur.
Des scientifiques du laboratoire Cold Spring Harbor et de l’Institut médical Howard Hughes ont découvert que le cancer du sein agit sur l’organisme à un niveau plus profond et plus précoce qu’on ne le pensait. Leur recherche, publiée dans la revue Neuron, met en lumière l’impact de la maladie sur le rythme circadien, l’horloge interne qui régule de nombreuses fonctions physiologiques, du sommeil à la gestion du stress.
L’étude a révélé que la tumeur « aplatit » le cycle naturel des hormones, notamment le cortisol chez l’homme et la corticostérone chez la souris, perturbant ainsi la capacité du corps à s’adapter aux changements quotidiens. Les chercheurs ont observé que les neurones du noyau paraventriculaire de l’hypothalamus, une zone du cerveau essentielle à la régulation du rythme circadien, étaient maintenus dans un état d’hyperactivité constante, perdant leur rythme jour-nuit habituel.
Ce déséquilibre affecte non seulement le bien-être général des patientes, mais pourrait également compromettre leur capacité à lutter contre la maladie dès ses premiers stades. L’axe hypothalamo-hypophyso-surrénalien (HPA), responsable de la coordination de la réponse au stress, voit sa régulation perturbée par le cancer, même avant que la tumeur ne soit palpable.
Pour valider leurs découvertes, l’équipe de recherche a mené des expériences sur des modèles animaux de cancer du sein. Ils ont constaté que « avant même que les tumeurs soient palpables, on constate un aplatissement du rythme de corticostérone d’environ 40 ou 50 % ». En restaurant artificiellement le cycle hormonal grâce à des stimuli électriques, ils ont pu améliorer la réponse immunitaire contre la tumeur, démontrant ainsi l’importance de l’horloge biologique dans la lutte contre le cancer.
« Renforcer ce rythme au bon moment de la journée augmente la capacité du système immunitaire à tuer le cancer. »
Jérémie Borniger, chef de l’équipe de recherche
Les chercheurs soulignent qu’ils n’ont pas eu recours à des médicaments anticancéreux dans leurs expériences, ce qui suggère que le simple rétablissement du rythme circadien peut avoir un effet bénéfique sur la progression de la maladie. Ils envisagent désormais d’explorer comment adapter les traitements existants au cycle biologique des patientes, afin d’optimiser leur efficacité et de réduire les effets secondaires.
Bien que prometteurs, ces résultats doivent être confirmés par des études cliniques menées sur des humains. L’objectif est de déterminer si la restauration de l’horloge biologique peut constituer une nouvelle approche thérapeutique pour lutter contre le cancer du sein et améliorer la qualité de vie des patientes.
