Publié le 27 octobre 2025. Une prothèse rétinienne sans fil développée par l’Université de Stanford permet à des patients atteints de dégénérescence maculaire avancée de retrouver une vision suffisante pour lire et reconnaître leur environnement, ouvrant de nouvelles perspectives pour les personnes malvoyantes.
- Un essai clinique a démontré que 27 patients sur 32 ont retrouvé la capacité de lire un an après l’implantation de l’appareil.
- La prothèse, nommée Prima, utilise la lumière infrarouge projetée par des lunettes pour stimuler les cellules nerveuses rétiniennes encore fonctionnelles.
- Des améliorations significatives de l’acuité visuelle ont été constatées, avec une amélioration moyenne de cinq lignes sur un tableau oculaire standard.
L’École de médecine de l’Université de Stanford a annoncé des résultats prometteurs concernant une nouvelle approche pour restaurer la vision perdue en raison de la dégénérescence maculaire liée à l’âge (DMLA). Cette maladie, qui affecte la macula, la partie centrale de la rétine responsable de la vision fine et détaillée, est une cause majeure de perte de vision chez les personnes âgées.
Les résultats, publiés dans le New England Journal of Medicine, révèlent que l’implant Prima a permis à 27 participants sur 32 de lire après un an. Certains patients ont même atteint une acuité visuelle équivalente à une vision de 20/42 (environ 0,5), grâce aux fonctionnalités numériques de l’appareil, telles que le zoom et le réglage du contraste.
La prothèse Prima est basée sur une technologie développée au laboratoire de Daniel Palanker à Stanford. Initialement développée par Pixium Vision, une entreprise basée à Paris, et saluée comme un « implant sous-rétinien miniaturisé de nouvelle génération », la technologie a été acquise en 2024 par le groupe californien Science Corporation. Science Corporation travaillait déjà sur une autre prothèse rétinienne, Science Eye, et explore la combinaison de la thérapie génique optogénétique avec un écran microLED implanté.
Le fonctionnement de Prima repose sur le fait que la DMLA entraîne la perte des photorécepteurs, mais laisse souvent intactes les cellules nerveuses intermédiaires. L’implant, placé dans la rétine, produit un courant électrique proportionnel à la quantité de lumière qu’il reçoit, stimulant ainsi ces cellules nerveuses fonctionnelles. Les patients portent également des lunettes de réalité augmentée qui projettent la lumière infrarouge nécessaire au fonctionnement de l’implant.
Selon Daniel Palanker, développeur de Prima, l’utilisation de la lumière infrarouge est essentielle :
« La projection est réalisée par infrarouge car nous voulons nous assurer qu’elle est invisible pour les photorécepteurs restants à l’extérieur de l’implant. Le fait qu’ils voient simultanément la vision prothétique et périphérique est important car ils peuvent fusionner et utiliser la vision au maximum. »
Les participants à l’essai ont pu utiliser la prothèse dans leur vie quotidienne pour lire des livres, des étiquettes d’aliments et des panneaux de métro. Les lunettes leur permettaient d’ajuster le contraste, la luminosité et d’agrandir l’image jusqu’à 12 fois. Deux tiers des participants ont exprimé une satisfaction moyenne à élevée à l’égard de l’appareil.
Pour l’instant, Prima offre une vision en noir et blanc, mais Daniel Palanker travaille sur un logiciel qui permettra d’accéder à une gamme complète de niveaux de gris. Une nouvelle génération de puces, déjà testée sur des rats, pourrait intégrer jusqu’à 10 000 pixels par puce, contre 378 dans l’appareil actuel.
« Il s’agit de la première version de la puce et la résolution est relativement faible »,
explique Palanker.
« La prochaine génération de puces, avec des pixels plus petits, aura une meilleure résolution et sera associée à des lunettes plus élégantes. »
