Publié le 13 janvier 2024 03:22:00. Locus Biosciences, une entreprise américaine spécialisée dans la phagothérapie, va lancer un essai clinique de phase 1b grâce à un financement important des États-Unis, pour tester un traitement innovant basé sur des bactériophages conçus par intelligence artificielle contre les pneumonies résistantes aux antibiotiques.
- Un contrat de 3,3 millions de dollars (avec un potentiel de 28 millions de dollars) a été attribué par le NIAID (Institut national des allergies et des maladies infectieuses) pour soutenir le développement de LBP-PA01.
- LBP-PA01 est un cocktail de bactériophages conçu par l’IA pour cibler spécifiquement Pseudomonas aeruginosa, une bactérie responsable d’infections pulmonaires graves et souvent résistantes aux traitements classiques.
- Cette approche thérapeutique vise à répondre à une urgence de santé publique, face à l’augmentation des pneumonies nosocomiales et associées à la ventilation mécanique, particulièrement celles causées par des souches résistantes.
Locus Biosciences a obtenu un contrat de 3,3 millions de dollars auprès du NIAID, avec la possibilité d’un financement supplémentaire pouvant atteindre 28 millions de dollars, pour mener un essai clinique de validation de son bactériophage thérapeutique LBP-PA01. Ce traitement est destiné à lutter contre la pneumonie nosocomiale (HAP) et la pneumonie associée à la ventilation (PAV) causées par des souches de Pseudomonas aeruginosa résistantes aux antibiotiques.
L’essai clinique de phase 1b, portant le numéro 75N93025C00035, permettra à Locus d’évaluer la sécurité, l’efficacité et la dose optimale de LBP-PA01 chez des patients atteints d’infections à P. aeruginosa qui ne répondent plus aux antibiotiques conventionnels. L’entreprise souligne que le financement supplémentaire dépendra de l’atteinte des différentes étapes du projet.
LBP-PA01 a été développé grâce à la plateforme innovante de Locus Biosciences, qui combine intelligence artificielle, robotique et apprentissage automatique. Cette technologie permet de concevoir et d’optimiser rapidement des cocktails de bactériophages capables de détruire sélectivement les bactéries résistantes aux médicaments. La plateforme analyse expérimentalement des millions d’interactions entre phages et bactéries, et simule plus d’un quadrillion de combinaisons potentielles in silico pour identifier les cocktails thérapeutiques les plus prometteurs. Des modèles de langage multimodaux, entraînés sur des données génomiques et fonctionnelles, permettent également d’optimiser l’ingénierie génétique des phages pour une destruction plus efficace des agents pathogènes.
« Le partenariat avec le HHS pour faire progresser plusieurs programmes dans le cadre du NIAID et de BARDA est une évolution passionnante pour Locus alors que nous déployons notre plateforme pour fournir des thérapies antibactériennes de précision dans diverses indications et voies d’administration »,
Paul Garofolo, PDG de Locus Biosciences
Paul Garofolo a ajouté : « Avec le NIAID qui stimule l’innovation ciblant les infections respiratoires et le BARDA qui fait progresser les solutions pour les infections des voies urinaires, nous sommes unis autour d’une mission commune pour résoudre la crise mondiale de la résistance aux antimicrobiens. Cette collaboration souligne la puissance de la plateforme de développement de médicaments basée sur l’IA de Locus et de sa fabrication avancée basée aux États-Unis pour accélérer une nouvelle génération de thérapies bactériophages conçues. »
La pneumonie nosocomiale (HAP) est une infection grave et fréquente en milieu hospitalier, représentant 15 à 20 % des infections nosocomiales et contribuant de manière significative à la mortalité en soins intensifs. P. aeruginosa est une cause fréquente de HAP et de pneumonie associée à la ventilation mécanique (PAV), responsable jusqu’à 24 % des infections respiratoires en soins intensifs selon certaines études. Les Centers for Disease Control and Prevention (CDC) américains ont identifié les souches résistantes de P. aeruginosa comme une menace sérieuse pour la santé publique, soulignant l’urgence de développer des thérapies ciblées pour lutter contre cet agent pathogène.
