Publié le 29 septembre 2024. Les autorités nord-irlandaises sont en alerte après la suspicion d’un premier cas de fièvre catarrhale sur le territoire, une maladie virale touchant le bétail. Des mesures de contrôle strictes ont été immédiatement mises en place pour limiter tout risque de propagation.
- Un foyer suspect de fièvre catarrhale a été identifié près de Bangor, dans le comté de Down.
- Une zone de contrôle temporaire de 20 km a été instaurée, interdisant le déplacement d’animaux sensibles à l’intérieur et à l’extérieur de cette zone.
- Les importations de ruminants et de camélidés depuis la Grande-Bretagne vers l’Irlande du Nord ont été suspendues.
La fièvre catarrhale, également connue sous le nom de « langue bleue », est une maladie virale qui affecte principalement les bovins, les ovins, les caprins, les cerfs et les lamas. Elle se manifeste par de la fièvre, une diminution de la production laitière et, dans les cas les plus graves, la mort. La langue des animaux touchés peut également devenir bleue et enflée, d’où le nom de la maladie. Bien qu’elle ne représente aucun danger pour la santé humaine ni pour la sécurité alimentaire, elle peut avoir des conséquences économiques importantes pour les éleveurs.
Le ministère de l’Agriculture, de l’Environnement et des Affaires rurales (Daera) d’Irlande du Nord a réagi rapidement en instaurant une zone de contrôle de 20 km autour de l’exploitation concernée. Le déplacement de tout animal susceptible de transmettre la maladie est désormais interdit, à l’exception des animaux destinés directement à l’abattoir, pour lesquels une dérogation est prévue. Cette mesure vise à contenir l’épidémie potentielle et à empêcher sa propagation à d’autres exploitations.
Le ministre de l’Agriculture, Martin Heydon, a exprimé sa préoccupation face à cette situation :
« La nouvelle d’une épidémie suspecte de fièvre catarrhale en Irlande du Nord n’est pas la bienvenue. Mes pensées vont avant tout à la famille agricole touchée et aux agriculteurs de la localité qui vont désormais s’inquiéter pour leurs propres troupeaux. Cette évolution a des implications potentiellement graves. Si la maladie s’établit dans une partie de l’île, elle se propagera d’autant plus facilement, avec des conséquences sur la santé et le bien-être des animaux, ainsi qu’un stress financier et émotionnel pour les agriculteurs. »
Le ministre de l’Agriculture d’Irlande du Nord, Andrew Muir, a souligné l’importance de la coopération des éleveurs :
« Bien qu’il y ait toujours eu un risque d’arrivée de la fièvre catarrhale ici, compte tenu de sa prévalence en Grande-Bretagne et dans l’UE, nous devons maintenant faire tout notre possible pour protéger notre bétail et limiter la propagation de la maladie. »
Il a insisté sur la nécessité de signaler immédiatement tout symptôme suspect à un vétérinaire.
La détection de ces cas suspects fait suite à une surveillance active de la maladie menée par le Daera. Récemment, le 26 août 2024, un premier cas de fièvre catarrhale du sérotype 3 (BTV-3) avait été confirmé chez un mouton dans le Norfolk, en Angleterre. Depuis, plus de 260 exploitations sont concernées en Angleterre, ce qui a conduit à la suspension des importations de ruminants et de camélidés depuis la Grande-Bretagne vers l’Irlande du Nord, jusqu’à ce que le Royaume-Uni retrouve un statut indemne reconnu par l’Union européenne.
Le vétérinaire en chef du Daera, Brian Dooher, a rappelé que le virus est « imprévisible et peut se propager rapidement à travers et entre les troupeaux ». Il a également précisé que les services vétérinaires nord-irlandais étaient préparés à une éventuelle incursion de la maladie et collaboraient étroitement avec leurs homologues de la République d’Irlande pour assurer une réponse coordonnée. Les agriculteurs sont invités à signaler tout symptôme suspect à un vétérinaire, au bureau vétérinaire départemental local ou à la ligne d’assistance Daera au 0300 200 7840.
